34è journée du CILSS : Plusieurs projets Innovants pour faire face à la sécheresse

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                                     Le siège de l’organisation régionale sahélienne à Ouagadougou
Au moment où l’organisation régionale sahélienne fête son anniversaire, notre pays a engagé de grands chantiers qui œuvrent dans le domaine de la lutte contre la sécheresse

La 34è journée du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), se tient aujourd’hui 12 septembre 2019 sous le thème : « accroître la productivité des terres par la promotion de solutions innovantes de lutte contre l’ensablement et la pollution des eaux au Sahel et en Afrique de l’Ouest ». Ce thème est révélateur, car, la mise en valeur des terres pour la production agricole est largement tributaire et notre pays s’est hissé au rang des pays du Sahel engagés à accroître la productivité agricole et à lutter contre la sécheresse. En effet, plusieurs projets de résilience, avec l’accompagnement des partenaires notamment le CILSS ont vu le jour. L’aménagement des terres, la maîtrise d’eau, l’irrigation sont, entre autres, des solutions pour pallier la problématique de la sécheresse dans notre pays.
Ainsi, depuis le premier mandat du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, les autorités ont mis en place l’Agence d’aménagement des terres et de fourniture de l’eau d’irrigation (ATI), dont l’objectif est d’assurer la résilience, la sécurité alimentaire durable, réduire le niveau de la pauvreté par l’aménagement des terres pour permettre une meilleure production. Cette agence, selon son président directeur général, Dr Lamissa Diakité, a pour missions de contribuer à la satisfaction des besoins en terres agricoles aménagées, d’appuyer la réalisation des infrastructures et équipements ruraux dans les bassins de production et d’accompagner les producteurs dans la gestion des aménagements hydro agricoles. « Elle intervient sur l’ensemble du territoire et permet d’améliorer la production pendant l’hivernage et recharger la nappe phréatique pendant la contre saison », a dit le PDG. Il a ajouté que l’agence a initié des projets pour toutes les zones agro-écologiques du Mali afin d’améliorer la maîtrise de l’eau agricole, de renforcer la résilience des producteurs par une meilleure maîtrise de l’eau, de contribuer à la sécurité alimentaire durable, de permettre aux producteurs de s’adapter au changement climatique, de développer l’irrigation de proximité.
«  L’ATI permet aussi de développer diverses solutions d’irrigation pour booster la productivité et la diversification agricole en permettant aux braves producteurs agricoles de produire toute l’année », a dit Dr Lamissa Diakité. Par ailleurs, il a indiqué que l’agence a élaboré plusieurs projets de résilience permettant de faire face aux aléas climatiques. Le premier projet est le programme des nouveaux villages agricoles (NVA). Le concept de ce projet est d’aménager des terres avec la maîtrise totale de l’eau afin d’assurer une production assez bonne. Ce programme contribue fortement à la modernisation de l’agriculture malienne pour servir de support à la promotion des agropoles. Il va créer plus de richesses dans le secteur agricole et augmenter la contribution de ce secteur à la croissance de l’économie nationale avec la création d’emplois durables. Le programme prévoit la création d’au moins 20 nouveaux villages agricoles dans les zones à fort potentiel aménageable du pays. Il s’agit d’un programme présidentiel enregistré dans le répertoire des projets/programmes prioritaires du gouvernement.

ACCÉLÉRER LA CROISSANCE- Le second projet est le Projet de développement de l’agriculture irriguée commerciale en zones Office du Niger (PDAIC-ZON). C’est un vaste projet initié par le ministère de l’Agriculture avec l’appui technique et financier de la Banque mondiale, dont la mise en œuvre s’inscrit en droite ligne des politiques et stratégies nationales de développement économique et sociale du pays, notamment la Loi d’orientation agricole (LOA de 2006), la Politique de développement agricole (PDA de 2013), le Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable du Mali (CREED 2015-2021), le Plan national d’investissement du secteur agricole (PNISA 2015-2022). Le projet rentre dans le programme gouvernemental d’aménagement hydro agricole (PGA) de 70.000 hectares, pour la période 2018-2023, comprenant aussi bien les grands aménagements que des aménagements de proximité. Un projet qui vise à installer des investisseurs dans l’agriculture au Mali pour la moderniser .
D’autres projets majeurs de lutte contre la sécheresse au Sahel sont le Projet d’appui régional à l’initiative pour l’irrigation au Sahel (PARIIS) et le Projet de développement de la productivité et de la diversification agricole dans les zones arides du Mali (PDAZAM). En effet, l’idée du projet PARIIS a été initiée lors de la conférence de haut niveau sur la relance de l’irrigation au Sahel des six États du Sahel, réunis à Dakar le 31 octobre 2013. La déclaration de Dakar sur la relance de l’irrigation a été faite en retenant comme slogan « forger la résilience et accélérer la croissance au Sahel et en Afrique de l’Ouest par la relance de l’agriculture irriguée ». L’objectif de cette déclaration est d’augmenter sensiblement les investissements en matière d’hydraulique agricole pour passer de 400.000 hectares aujourd’hui à 1.000.000 d’hectares d’ici 2020. Les six pays ont mis en place avec leurs partenaires techniques et financiers et les acteurs de l’agriculture irriguée une Task Force pilotée par le CILSS, chargée d’instruire un programme régional visant à appuyer les six États dans la réalisation des objectifs quantitatifs et qualitatifs fixés à Dakar. C’est ainsi que le projet PARIIS contribue à la vision de l’initiative pour l’irrigation au Sahel à savoir « une agriculture irriguée en expansion qui soit productive, durable et rentable pour la création d’emplois et la sécurité alimentaire au Sahel ».
Et pour booster la productivité agricole et renforcer la résilience des ménages ruraux dans les zones arides, Sadio Cissé, directeur technique du PDAZAM a indiqué que le projet a été créé pour contribuer au développement de la productivité agricole. Il a affirmé que le PDAZAM vise à améliorer la productivité agricole, à diversifier les productions agricoles et à renforcer la résilience des ménages ruraux bénéficiaires dans les zones arides ciblées. Il s’agit également d’aider les ménages et les agriculteurs des zones semi-arides à mieux gérer les risques, à améliorer leur productivité, à faire face à la pauvreté, à accéder à de meilleurs moyens de subsistance et à de meilleures conditions de vie. Sadio Cissé a précisé que le projet intervient uniquement dans les zones arides et semi arides pour lutter contre la sécheresse.

Anne-Marie KEÏTA

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