Toxicomanie (3) : 115 trafiquants interpellés en 2018

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Adama Tounkara, directeur général de l’OCS

Il existe bel et bien un service spécialisé dans la lutte contre le trafic de drogue. Il opère régulièrement des saisies de stupéfiants et procède à l’arrestation des individus, Maliens comme étrangers, qui s’adonnent au narcotrafic

L’Office central des stupéfiants (OCS) est investi de missions de police judiciaire en matière de lutte contre le trafic illicite de drogue. Il met en œuvre les mesures de prévention, de contrôle et de répression envisagées au plan national, sous-régional, régional et international pour une lutte efficace et coordonnée contre le trafic illicite de stupéfiants. L’OCS assure aussi la coordination opérationnelle des actions de toutes les structures nationales chargées de lutter contre le trafic de drogue. à cet effet, ses structures déconcentrées opèrent dans toutes les régions où elles sont établies, aux différents points potentiels de passage des stupéfiants : aéroports, frontières, gares, ports fluviaux. Objectifs : dénicher et interpeller des suspects de trafic illicite de stupéfiants, etc.

Dans l’accomplissement de ces missions, l’OCS a, au titre de 2018, réalisé des prouesses énormes malgré ses faibles moyens. Le directeur général, le magistrat-colonel Adama Tounkara, a relevé que les produits les plus prisés par les trafiquants de stupéfiants sont le cannabis, l’héroïne et le Tramadol. Pour le magistrat-colonel, ces trois produits représentent à eux seuls plus de 90% des quantités totales saisies dans notre pays, l’année dernière. En effet, le cannabis occupe la tête du classement avec près de 13 tonnes saisies, révèle le directeur général de l’OCS. Adama Tounkara ajoute que le cannabis fait l’objet de divers usages : consommation, vente, trafic au niveau national et international.
La quantité totale d’héroïne saisie est estimée à 7 kg. Les personnes interpellées suite à ce trafic sont toutes de nationalités étrangères. Les autres produits saisis sont le tramadol, le diazépam. La vente et le trafic de ces produits sont menés par les trafiquants de cannabis ou des vendeurs de produits pharmaceutiques contrefaits, explique le magistrat-colonel Adama Tounkara qui précise que « le Tramadol représente la plus grande saisie parmi les psychotropes ».
à la suite de ces saisies, 115 personnes ont été interpellées, dont 12 femmes, 14 étrangers, dévoile notre interlocuteur qui précise encore que les trafiquants arrêtés sont principalement des Maliens, des Nigérians, des Burkinabé, des Zimbabwéens, etc. Une analyse par âge des personnes interpellées montre que différentes tranches d’âge sont impliquées dans le trafic de stupéfiants. On y retrouve deux mineurs, soit 1,32 % des personnes impliquées. 68,87 % sont dans la tranche d’âge comprise entre 18 et 39 ans. Les 28,48 % restant sont âgés de 40 à 59 ans, détaille le magistrat-colonel.

Le spécialiste estime qu’au regard de la situation sécuritaire dominée par la menace narcoterroriste, la mise en œuvre de certaines actions s’avère nécessaire pour consolider les acquis et relever les défis. Dans ce cadre, l’OCS ambitionne de prendre des mesures à court, moyen et à long termes. à court terme, le service souhaite renforcer ses effectifs afin de résorber progressivement le déficit de personnel. Il est prévu aussi de renforcer la coordination de la lutte au niveau national à travers la mise en place d’un cadre de concertation permanent entre différents acteurs. à moyen terme, l’OCS veut renforcer la coopération sous-régionale en vue d’un partage d’informations et d’expériences en vue de faire face à ses missions. Il y a le projet aussi de mettre en place une base de données sécurisée pour permettre la centralisation des informations et des renseignements pouvant faciliter la répression des infractions liées aux stupéfiants. à long terme, l’OCS souhaite l’installation d’un système d’interception téléphonique légale prévue par l’article 120 de la loi n° 01-078 du 18 juillet 2001, modifiée, portant contrôle des drogues et des précurseurs. « Aujourd’hui, la téléphonie mobile et d’autres technologies de l’information sont fréquemment utilisées par les bandes organisées. L’établissement des preuves électroniques du trafic de drogues par les services d’enquête du Mali demeure un défi important. Ce système permettra d’exploiter les communications ayant un lien avec le trafic de drogues en vue de démanteler les réseaux des narcotrafiquants », explique le patron de l’OCS.

Aminata Dindi
SISSOKO

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