Chronique éco : La mécanisation de l’agriculture crée de la valeur ajoutée

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L’Afrique subsaharienne regorge la plus grande surface de terres arables non cultivées. L’Office du Niger en est une illustration au Mali. Considéré comme l’un des plus grands aménagements hydro-agricoles du continent africain, il dispose de près d’un million d’hectares de terres irrigables propices à plusieurs cultures : riz, maïs, canne à sucre, blé, pomme de terre et autres cultures maraîchères. La superficie aménagée irriguée, aujourd’hui, dépasse les 100.000 ha. La production de riz est y passée de 60.000 (vers les années 80) à près de 700.000 tonnes aujourd’hui.
Cela à la faveur non seulement de l’extension des superficies aménagées qui a repris depuis près de 20 ans mais aussi et surtout grâce à l’instauration de nouvelles techniques culturales et au «pouvoir grandissant des investisseurs privés et entreprises d’agro-business». Extension qui n’est pas sans conséquence en matière de gestion durable des ressources en eau et de la place de l’agriculture familiale face à ces nouveaux acteurs.
L’on se rappelle le conflit ayant opposé des populations de Sanamandougou au projet de ferme agricole de l’opérateur économique Modibo Keïta et l’opposition farouche des habitants de Sansanding à l’implantation du Projet sucrier de Markala.

Toute chose qui prouverait une certaine inadaptation entre les stratégies préconisées et les aspirations des populations. «Grâce à une mécanisation adaptée, l’agriculture de petite échelle peut se transformer en entreprise plus orientée vers une logique de marché tout en améliorant la productivité agricole et en aidant les agriculteurs à sortir de la pauvreté. Pour parvenir à cet objectif, nous devons améliorer l’accès aux services de mécanisation», préconise Qu Dongyu. Le directeur général de la FAO intervenait lors de l’évènement parallèle organisé en marge de la Ticad VII par la Coalition pour le développement du riz africain (CARD).

Pour lui, une mécanisation complète de la chaîne de valeur implique l’amélioration de l’accès aux intrants de qualité tels que l’engrais et les semences. Il s’agit aussi de mettre en place des systèmes efficaces de gestion des ressources en eau, notamment l’irrigation et de réduire les pertes intervenant pendant et après les récoltes avec de meilleures batteuses et de meilleures méthodes de séchage et de stockage.

Il s’agit également d’ajouter de la valeur ajoutée aux produits avec de meilleurs procédés de broyage, de transformation, d’emballage et d’améliorer l’accès aux marchés par le biais de meilleurs moyens de transport.
La mécanisation devra, plaide Qu Dongyu, être viable économiquement et financièrement abordable, en particulier pour les agriculteurs de petite échelle qui représentent la grande majorité des agriculteurs africains. Et cibler surtout les jeunes afin de rendre l’agriculture plus attrayante, notamment au niveau de l’emploi et de l’entrepreneuriat.

Cheick M. Traoré
L’ESSOR

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