Chronique eco : Le numérique doit corriger les déséquilibres

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Dans ce monde hyper connecté où Smartphones et autres appareils technologiques de pointe servent de banques, de marchés, de boutiques, d’agences ou entreprises, la réduction de la fracture numérique paraît nécessaire pour briser les inégalités existant entre pays développés et pays en développement. Cela est d’autant plus vital que deux puissances économiques mondiales monopolisent ce secteur pourtant nécessaire pour atteindre l’inclusion dans tous les domaines de la vie : échanges de biens et de services, etc.

Si les gouvernements n’y prennent garde le déséquilibre risque de s’agrandir davantage entre «pays sous-connectés» et «pays hyper-numérisés». La création de richesse dans l’économie numérique est fortement concentrée aux États-Unis et en Chine, le reste du monde, notamment les pays d’Afrique et d’Amérique latine, accusant un retard considérable, selon un rapport de l’ONU, publié en septembre.

En effet, les États-Unis et la Chine représentent 75% de tous les brevets liés aux technologies de blockchain, 50% des dépenses mondiales consacrées à l’Internet des objets. Aussi, représentent-ils plus de 75% du marché de l’informatique en nuage et 90% du marché total, note le document, précisant qu’ils possèdent la valeur de capitalisation boursière des 70 plus grandes sociétés de plateforme numérique au monde.

Le rapport remarque que 40% des 20 plus grandes entreprises du monde, par capitalisation boursière, ont un modèle commercial basé sur une plateforme. Sept «super plates-formes» – Microsoft, suivies par Apple, Amazon, Google, Facebook, Tencent et Alibaba – représentent les deux tiers de la valeur totale des 70 principales plates-formes sur le marché. La valeur combinée des sociétés de plateformes ayant une capitalisation boursière supérieure à 100 millions de dollars américains était estimée à plus de 7 billions de dollars en 2017, soit 67% de plus qu’en 2015, selon le rapport.

Aussi, Google représente environ 90% du marché des recherches sur Internet, tandis que Facebook représente les deux tiers du marché mondial des médias sociaux. Constituant ainsi la principale plateforme de médias sociaux dans plus de 90% des économies du monde.

Une ascension fulgurante qui ne semble pas prête de s’arrêter. Selon les politiques et réglementations actuelles, cette trajectoire devrait se poursuivre, contribuant encore à la montée des inégalités, avertit le secrétaire général des Nations unies. António Guterres invite à œuvrer davantage pour la réduction de la fracture numérique. Dans un monde où plus de la moitié des pays ont un accès limité, voire aucun, à Internet. «L’inclusion est essentielle à la construction d’une économie numérique qui soit bénéfique pour tous», estime M. Guterres dans son rapport.

Il urge alors, recommande le rapport, d’aider les pays en développement à participer au nouveau monde numérique. Cela en tant qu’utilisateurs et consommateurs, producteurs, exportateurs et innovateurs.

 

Cheick M. TRAORÉ

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