Compétition des start-ups du Sahel : Le MAIA du Burkina Faso, champion

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La sélection concernait les candidats qui avaient fait preuve de sérieux et d’innovation surtout

Aux termes de près de deux mois d’entraînement, une trentaine de start-ups venant de sept pays sahéliens ont croisé le fer, jeudi dernier, en terre malienne pour cinq prix dont le titre de champion de la région sahélienne

Le Maia du Burkina Faso a remporté le premier prix du Marathon du Sahel, une compétition entre des start-ups de sept pays. C’était lors de la grande finale tenue jeudi dernier au Mémorial Modibo Keïta. La cérémonie d’ouverture était présidée par la ministre de l’Économie numérique et de la Prospective, Mme Kamissa Camara. C’était en présence du directeur général de DoniLab, Tidiane Ball, et de plusieurs invités.
Le deuxième prix a été décerné à Moonsoft de la Guinée, qui a présenté la meilleure solution d’adaptation au changement climatique. Sanzara du Mali a remporté le troisième prix dédié à l’entreprenariat féminin. Senvitale du Sénégal s’est classé quatrième, devant Toogga de la Mauritanie. Sénégalais et Mauritaniens ont remporté respectivement le prix de la meilleure mise en pratique et le prix du public.
En effet, ils étaient 30 start-ups de sept pays du Sahel (le Burkina Faso, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad) qui se sont entraînées pendant 42 jours. Chaque pays a sélectionné ses deux champions lors d’une finale nationale. Ce sont ces derniers qui ont croisé le fer, jeudi, en terre malienne pour le titre de champion du Sahel : la startup ayant la meilleure idée de plan d’affaires.
Le critère le plus déterminant, à cet effet, était le critère business. Il s’agissait de savoir : qui est sérieux dans la mise en pratique de son business, qui a un modèle innovant, viable et faisable, a expliqué le directeur général de DoniLab. Tidiane Ball a salué le choix porté sur le Mali pour abriter la finale.

Toute chose qui donne une visibilité internationale à notre pays, notamment sur l’échiquier des start-ups et de l’innovation en Afrique, a ajouté Tidiane Ball, avant de remercier le ministère de l’Économie numérique et la Prospective, la Banque mondiale et tout l’écosystème malien du numérique pour leur accompagnement.
Cet appui est nécessaire pour multiplier les opportunités au profit de nos jeunes et accompagner les start-ups qui innovent et qui créent, souligné Mme Kamissa Camara. La ministre de l’Économie numérique et de la Prospective a, dans son discours d’ouverture, rappelé que l’une des meilleures stratégies pour lutter contre la pauvreté et réduire le chômage de milliers de jeunes consiste à encourager le développement du numérique qui est la pierre angulaire de cet entrepreneuriat jeune. C’est pourquoi elle dit avoir, depuis sa prise de fonction, fait de l’adoption du Start-up Act une de ses priorités. « Et c’est réjouissant de constater qu’au-delà des efforts nationaux, se dessine un tableau sous-régional et international d’actions destinées à l’opérationnalisation des start-ups », a témoigné la ministre Camara.

Surtout que, a-t-elle rappelé, le Mali, conscient de l’impact du numérique sur l’économie réelle de demain et afin de concrétiser ses engagements pris sur le plan international, a adopté en 2015 un document de stratégie nationale de développement de l’économie numérique à l’horizon 2020. Appelé Mali Numérique 2020, ce document, qui est un cadre de référence et d’interaction, vise à faire du Mali l’un des Hub technologiques en Afrique de l’Ouest. Ainsi, une place de choix est réservée à la promotion de la culture de l’entrepreneuriat et de l’innovation à travers la mise en place de canaux de financement des start-ups et la création d’un cadre juridique approprié à leur développement, a précisé la ministre de l’Économie numérique et de la Prospective. Mme Kamissa Camara remerciera ensuite tous les partenaires : Bond’Innov, la Banque mondiale, l’Agence de coopération italienne, des ambassades et DoniLab, qui ont initié et contribué à la réalisation de cet évènement.

Initiée et financée par le groupe de la Banque mondiale, cette compétition d’une portée régionale, vise à promouvoir auprès des jeunes de la région, au travers de la concrétisation de réels succès stories, l’entrepreneuriat. Et montrer qu’il constitue une activité professionnelle exaltante, motivante, pouvant être une alternative crédible à l’emploi salarié traditionnel.
D’où l’objectif visé par les initiateurs : renforcer les compétences et la posture entrepreneuriale des jeunes sélectionnés, en mettant l’accent sur leur capacité à «mettre en pratique» les différents aspects de leur idée d’affaire. Ils entendent aussi, à travers ces compétitions, générer des données qui permettront d’informer les futurs programmes de la Banque mondiale en matière de soutien à l’entrepreneuriat dans la région.
Aminata Dindi
SISSOKO

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