Coopération Mali-Turquie : Bientôt un « hôpital pour les manuscrits » à Bamako

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Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo et Halit Eren signent le document de convention

Notre pays entretient de bonnes relations d’amitié et de coopération avec la Turquie. Cette belle relation se concrétise sur le plan culturel. La preuve ? La double cérémonie solennelle qui a eu lieu hier dans la salle de conférence du ministère de la Culture.

Elle consacrait d’une part, la signature d’une convention de partenariat entre le ministère de la Culture du Mali et le Centre de recherches sur l’histoire, l’art et la culture islamiques (IRCICA) de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) et d’autre part, l’annonce du symposium international intitulé « l’Empire du Mali et l’Empire Ottoman dans l’histoire du monde islamique ».

Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, la ministre de la Culture et Halit Eren, le directeur général du Centre de recherche sur l’histoire, l’art et la culture islamique (IRCICA) ont apposé sur leurs signatures au bas du document, en présence notamment de l’ambassadeur du Mali en Turquie Mohamed Ali Ag Ibrahim et des membres du cabinet et des directeurs du département.

L’IRCICA fait honneur à notre pays à travers son importante contribution financière et l’honneur fait à notre pays d’abriter ce symposium qui s’inscrit dans le cadre de la reconstitution des relations entre l’Empire du Mali et l’Empire Ottoman en général et celles de Constantinople et Tombouctou en particulier.

Selon la ministre de la Culture, le prestige de nos empires médiévaux en général et des villes comme Tombouctou, Djenné et Gao, pour ne citer que ces exemples, a été sous le double angle économique et intellectuel. à la faveur du commerce transsaharien, ces villes ont été très tôt en contact avec l’islam. De nombreux érudits, jurisconsultes, écrivains et étudiants du monde islamique y ont vécu ou étudié.

Les nombreux érudits, ayant vécu dans ces villes, ont produit une énorme quantité de manuscrits embrassant tous les domaines du savoir : les manuscrits à caractère « littéraire » (traités religieux, chroniques, poèmes), les manuscrits à caractère « documentaire » (lettres, documents commerciaux et juridiques, testaments et autres actes) et les manuscrits à caractère scientifique (astrologie, médecine, géographie, optique, physique).

En 2012, a rappelé la ministre de la Culture, le Mali a connu la plus grave crise institutionnelle et sécuritaire depuis son accession à l’indépendance en 1960. Environ 4 203 manuscrits du nouveau bâtiment de l’Institut des hautes études et de recherche islamiques Ahmed Baba (IHERI-AB) ont été brûlés, 377.000 ont été exfiltrés vers Bamako pour échapper à la destruction.

La mise en œuvre des première (2013-2017) et deuxième phases en cours, (2017-2021) du Programme de réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits anciens du Mali, a permis de reconstruire les mausolées et des bibliothèques des manuscrits à Tombouctou.

Les manuscrits restés à Bamako sont dans un mauvais état de conservation, malgré les efforts consentis par l’ONG SAVAMA-DCI et les familles détentrices des documents.

En second lieu, cette cérémonie consacrait également, la signature d’une convention d’acquisition d’un immeuble, sis à Bamako, pour abriter le siège d’IRCICA-Mali, un Centre de préservation et de restauration des manuscrits anciens du Mali (l’hôpital des manuscrits).

L’acquisition de cet immeuble vise à doter le ministère chargé de la Culture de locaux suffisants, adaptés pour la conservation, la restauration et la numérisation des manuscrits anciens. Elle permettra de conserver un patrimoine d’une valeur inestimable pour le Mali et pour les communautés détentrices de ce patrimoine documentaire.

Elle contribuera à la réappropriation d’une mémoire historique et humaniste commune entre cultures arabe, nord-africaine et ouest-africaine. Cette démarche volontariste mérite d’être saluée à sa juste valeur.

Youssouf DOUMBIA

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