Coupe du monde, Nigeria-Argentine : L’ALBICELESTE EN MAUVAISE POSTURE

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Messi et ses coéquipiers restent sur une lourde défaite 2-4 contre les Super Eagles (amical)


Avec seulement un point récolté en deux sorties, les Argentins n’ont plus droit à l’erreur. Ils doivent impérativement battre les Nigérians pour espérer prolonger leur séjour. Pour Messi et les siens, ça passe ou ça casse
Lionel Messi et l’Albiceleste seront-ils éliminés dès le premier tour de la Coupe du monde, Russie 2018 ? La question mérite d’être posée, quand on sait que les Argentins n’ont pu récolter qu’un petit point en deux sorties et qu’ils sont condamnés à gagner, aujourd’hui face au Nigeria pour éviter une élimination prématurée. Avant le début de ce Mondial russe qui aurait imaginé un tel scénario pour Lionel Messi et ses coéquipiers ? A dire vrai, personne, surtout quand on regarde le nom des pays qui accompagnent l’Argentine dans le Groupe D, à savoir le Nigeria, l’Islande et la Croatie.
Certes, les Argentins ont connu les pires difficultés pour valider leur ticket pour la phase finale (l’Albiceleste a dû attendre la dernière journée des éliminatoires pour décrocher le précieux sésame, ndlr), mais après le tirage au sort des poules, presque tout le monde a dit que les doubles champions du monde (1978-1986) sont en bonne compagnie et qu’ils ne devraient pas trop souffrir pour franchir le premier tour. Ce, d’autant que l’Argentine compte dans ses rangs l’un des meilleurs, sinon le meilleur joueur du monde, Lionel Messi et en plus, elle est la nation la plus expérimentée du groupe et la seule à avoir remporté la Coupe du monde.
Mais la réalité du terrain a parlé, dès sa première sortie, l’Albiceleste a montré ses limites en concédant le nul (1-1) devant la modeste sélection islandaise qui participe à sa toute première Coupe du monde. Après cette sortie ratée, on attendait une réaction des Argentins, lors de la deuxième journée face à la Croatie, mais patatra : Messi et les siens se sont faits humilier 3-0 par les Vatreni (surnom de la sélection croate, ndlr) et La Pulga est complètement passé au travers du match. Cette lourde défaite et surtout le contenu du jeu produit par la sélection argentine laissent peu de place au doute : l’Albiceleste de Jorge Sampaoli va mal et certains observateurs n’hésitent pas de la qualifier de «pire sélection de l’histoire du pays».
Après l’humiliation subie contre les Croates, les critiques ont fusé de partout et des rumeurs ont circulé sur des dissensions internes, poussant ainsi le président de la Fédération argentine de football (AFA), Claudio Tapia à s’inviter devant la presse. Naturellement, il a démenti les rumeurs faisant état de la volonté de certains cadres d’écarter Sampaoli, tout comme celles concernant la fracture dans le vestiaire. Ce dernier a joué les pompiers de service face à la presse. « La relation avec le sélectionneur est totalement normale », a-t-il assuré, tout en reconnaissant que « quand nous sentons un certain malaise, nous en parlons » avec « Sampa », « parce que sinon nous serions des hypocrites ». Tapia a pointé du doigt les médias argentins coupables, à ses yeux de «propager des rumeurs indélicates et de vouloir nuire à la sélection».
« Nous savons que la situation est complexe, nous devons nous unir, exprimer nos opinions, faire tout ce qui est possible pour que l’équipe prépare le match dans les meilleures conditions possibles », a affirmé de son côté le milieu du Hebei China Fortune, Javier Mascherano, reconnaissant qu’il « est clair que (…) plus d’une chose a mal tourné, ne nous mentons pas ». Si cette opération déminage du président Claudio Tapia a permis de soigner l’image des doubles champions du monde, rien n’indique qu’elle aura des retombées sur le terrain et sera suffisante, ce soir face aux Super Eagles.
En effet, les problèmes de l’Albiceleste, version Sampaoli, sont multiples et existaient bien avant cette Coupe du monde, Russie 2018. On peut résumer ces problèmes en trois points : le manque de repères collectifs de l’équipe, l’incapacité du sélectionneur Jorge Sampaoli à gérer les égos et la «Messi dépendance» du groupe.
L’Argentine abordera donc la rencontre d’aujourd’hui le couteau sur la gorge et jugée à travers ses deux prestations contre l’Islande et la Croatie, l’Albiceleste est prenable pour le Nigeria et pourrait faire ses valises, dès la première phase du Mondial. En tout cas, on ne pourra parler de surprise, si d’aventure l’Argentine tombe face au Nigeria. Certes, les Super Eagles restent sur deux défaites en autant de confrontations en Coupe du monde face à l’Albiceleste (1-0 en 2010 en Afrique du Sud, 3-2 en 2014 au Brésil) mais on rappellera tout de même que les Nigérians ont également dominé le même adversaire deux fois en amical (4-1 en 2011, 4-2 en 2017).
Au total, les deux pays se sont affrontés 5 fois pour 3 victoires argentines, contre 2 succès nigérians. Pour se qualifier, le scénario est le suivant pour les troupes de Sampaoli : battre le Nigeria et espérer un nul ou une défaite de l’Islande face à la Croatie. Même si la sélection nordique gagne, l’Argentine peut se qualifier pour les huitièmes de finale, en fonction de la différence de buts (actuellement de -2 pour les Islandais et -3 pour les Argentins).
Les Super Eagles doivent également gagner et espérer une contreperformance de l’Islande face à la Croatie (match nul ou défaite) pour se qualifier pour les huitièmes de finale. Toutefois, les troupes du sélectionneur Gernot Rohr peuvent se contenter du partage des points pour valider leur ticket, mais à condition que la Croatie gagne face à l’Islande.
En cas d’égalité parfaite, un scénario possible, on fera recours, d’abord au goal average (différence de buts) général puis au goal average particulier. Si l’égalité persiste, les protagonistes seront départagés au nombre de cartons, c’est-à-dire le fair-play.
Souleymane B. TOUNKARA
Aujourd’hui sur l’ORTM
18h : Nigeria-Argentine

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