Dialogue national inclusif : Le secrétaire général de l’ONU prône l’esprit de compromis

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Dans son dernier rapport sur la situation de notre pays, Antonio Guterres a appelé les parties prenantes à œuvrer pour des résultats concrets et à éviter de retarder davantage la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation. Le patron de l’ONU a exhorté l’opposition à prendre part au débat national

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, dans son rapport trimestriel publié le 1er octobre, se réjouit de l’ouverture du Dialogue national inclusif.

Une occasion pour les Maliens de «parvenir à un accord sur les  questions  urgentes  et  de  favoriser  le  consensus  concernant  les  réformes essentielles devant établir les fondements d’un Mali plus stable».

Les préparatifs de ce Dialogue sont, en effet, soulignés comme les principaux faits nouveaux dans le dernier rapport du patron de l’ONU sur notre pays.

Le document de 21 pages met aussi l’accent sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation et les efforts visant à protéger les civils et à réduire les violences intercommunautaires. Il fait également le point sur la coordination entre la Minusma, les FAMa et les autres Forces.

Évoquant le Dialogue national inclusif, Antonio Guterres a demandé aux parties prenantes de maintenir l’esprit de compromis et de progresser rapidement vers la conclusion du dialogue avec des résultats concrets.

Cela, pour éviter de retarder davantage la mise en œuvre de l’Accord et de plonger le pays dans une nouvelle crise institutionnelle. Nommément, il demande aux partis d’opposition d’y participer « de bonne foi, en vue de faire progresser la paix, la démocratie et l’état de droit».

Outre le Dialogue, il se félicite des efforts du gouvernement pour prévenir l’intensification de la violence intercommunautaire et rétablir l’autorité de l’État et les services sociaux de base afin de faire face à la crise dans les Régions de Mopti et de Ségou.

Il rappelle, à cet effet, la création du Cadre politique de gestion de la crise dans cette partie du pays, la nomination de l’ancien président Dioncounda Traoré au poste de Haut représentant et les visites effectuées par le Premier ministre dans cette région.

S’agissant de l’application de l’Accord, le patron de l’ONU note les progrès accomplis en ce qui concerne les mesures de défense et de sécurité et le processus de DDR. « Plus de 1 000 ex-combattants ont été intégrés aux FAMa », a constaté le secrétaire général qui estime que cette lancée doit se poursuivre. Toutefois, précise-t-il, «dans l’ensemble, l’application de l’Accord s’est poursuivie lentement ».

RECRUDESCENCE DES ATTAQUES

Le patron de l’ONU fait remarquer que la situation sécuritaire est restée complexe, aussi bien dans les régions du Nord que celles de Mopti et de Ségou. Les attaques y sont en effet constamment perpétrées par des groupes terroristes contre les forces en présence.

Au cours de la période considérée, les extrémistes ont mené 62 attaques asymétriques, dont la majorité a lieu au Nord : 15 attaques à Tombouctou, 14 à Gao, 10 à Kidal et 3 à Ménaka. La Région de Mopti a enregistré 17 attaques, contre 2 pour Ségou et une seule à Kayes.

Le rapport renseigne également sur les combats entre les groupes armés, conduisant à de violents affrontements dans les Régions de Gao, Ménaka et Tombouctou. Aussi, dénonce-t-il les conflits entre les communautés dans la Région de Mopti.

Une situation exacerbée par la présence de groupes extrémistes et qui a fait de nombreuses victimes civiles dans les Cercles de Bandiagara, Bankass, Douentza et Koro. Pendant la période examinée, 331 attentats ont eu lieu, au cours desquels 367 civils ont été tués, 221 blessés et 63 enlevés. Cependant, le secrétaire général souligne l’impact des visites du Premier ministre, qui ont permis de « réduire légèrement la violence et semblent avoir contribué à une diminution des attaques à grande échelle».

Lors de la présentation du rapport mardi devant le Conseil de sécurité, le chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), Mahamat Saleh Annadif, a rappelé les progrès de ces trois derniers mois dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation.

Il a évoqué à ce propos la promulgation de la loi établissant les principes fondamentaux de la création, de l’organisation et du contrôle de la Zone de développement des régions du Nord, laquelle pose les bases de la relance du développement au niveau local.

Il a parlé aussi de la nomination d’un secrétaire permanent du Conseil de sécurité nationale. « Cela va probablement faciliter l’adoption de la politique nationale de défense et de sécurité indispensable pour la mise en œuvre cohérente de la réforme du secteur de la sécurité au Mali », a-t-il souligné.

Par ailleurs, le chef de la Minusma s’est dit préoccupé par la non-tenue de la 38è session du Comité de suivi de l’Accord (CSA) qui était prévue à Kidal le 17 septembre dernier. Une non-tenue, qui selon Mahamat Saleh Annadif, «a créé un malaise entre les parties signataires ».

Estimant que ces développements risquent d’être préjudiciables au bon déroulement du processus de paix, il a estimé qu’il était extrêmement important d’appeler toutes les parties prenantes à poursuivre le dialogue dans le cadre de l’esprit de l’Accord qui demeure le socle pour un retour à la paix et à la stabilité au Mali .

Pour M. Annadif, la stabilisation des Régions de Ségou et Mopti constitue un défi majeur qu’il faudra relever. Il a assuré le gouvernement du soutien de la mission de l’ONU pour faire face aux défis.

Issa DEMBÉLÉ
Massa SIDIBÉ

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