Diéma : Le poisson, inévitable dans les assiettes

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La période de récoltes bat son plein et en marge de cette animation champêtre, la pêche est devenue la seconde activité principale des populations. En effet, enfants et adultes, tous s’adonnent à cœur joie à cette activité lucrative.

Actuellement, tous les cours d’eau regorgent de poissons notamment les silures, c’est pourquoi, ils font l’objet de convoitise. Ces espaces sont envahis, de jour comme de nuit. Dans cette contrée, le poisson est beaucoup sollicité, il accompagne quasiment tous les repas. La vente du poisson importé, et d’autres espèces de poissons d’eau douce comme les carpes, « ba djégué », « konko djégué », et autres, tourne désormais au ralenti. Bon nombre de ménagères se sont tournées vers le silure qui coûte moins cher par rapport à la viande. Avec les enfants surtout, son prix varie entre 250 et 500 Fcfa, quelque soit la masse corporelle de l’animal aquatique.

Plusieurs sortes de pêches y sont pratiquées, à la ligne, au filet et manuelle. Cette dernière consiste à faire de petites digues autour d’un cours d’eau, ou d’un oued, à le vider complètement à l’aide d’un récipient, pour ensuite ramasser les poissons. Certains utilisent aussi des motopompes pour aspirer l’eau et récupérer les poissons.

La consommation de cette denrée n’est pas du goût de tous les populations. Comme c’est le cas de ce fonctionnaire, dont l’épouse répugne la consommation de cette espèce de poisson. Elle a horreur de sentir l’odeur du silure, qu’elle qualifie de crapaud. S’il arrivait qu’un de ses enfants mange ce poisson et se dirige vers la jarre pour boire, la dame se précipite pour enlever le pot et ordonner au petit d’aller se laver soigneusement les mains. Il faut l’intervention du père pour ramener la dame à la raison.

Loin de ce tumulte de la famille de ce fonctionnaire, certains vendent les poissons qu’ils pêchent, d’autres préfèrent les amener pour l’alimentation de leurs familles. Halidou, un écolier, assure que son casse-croûte, provient de la vente des poissons qu’il attrape à l’aide de la ligne, les jours où il n’y a pas de classe. Sa technique consiste à mettre au bout de l’hameçon, un sautereau, un appât, selon lui, appétissant pour le silure.

Massa n’en croit pas ses yeux, la quantité de poissons que les enfants de son logeur apportent quotidiennement et que les femmes préparent. Depuis que son petit a commencé à lui fournir du poisson, cette ménagère ne dépense plus 1000 Fcfa pour acheter de la viande. Ces derniers temps, elle se dit soulagée.

Dambou, une quadragénaire, a défendu à ses enfants d’aller pêcher dans la mare, appelée lambankoré. En pêchant, explique-t-elle, ses garnements seront tentés de se baigner. De la vente de poissons fumés, la veuve Kadidia, tire d’énormes bénéfices, ce qui lui permet d’entretenir ses deux progénitures.

Le poisson contribue à renforcer l’autosuffisance alimentaire dans cette localité, où, la viande est réservée aux plus nantis. Compte tenu du faible rendement du secteur de la pêche dans le Cercle de Diéma, il serait mieux, de l’avis des acteurs, de développer la pisciculture pour permettre la création d’activités génératrices de revenus pour les femmes et les jeunes, et du coup accroître l’économie.

Ouka BA

Amap-Diéma

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