Gao-Bamako-Gao par bateau : Cher, long mais, sécurisé

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Le trafic fluvial reste une des voies de transport sécurisé qu’empruntent les passagers

Le prix du billet varie entre 5125 Fcfa et 302.500 Fcfa selon la distance et le confort de la cabine. Les passagers sont tous dotés de gilets de sauvetage au cas où

La crise de 2012 a affecté durement toutes les régions du Nord et du Centre. La dégradation de l’axe Sévaré-Gao et l’insécurité mettent en danger la vie des voyageurs. Beaucoup de transporteurs, commerçants, citoyens maliens et étrangers préfèrent emprunter la route Niamey-Ouagadougou-BoboDioulasso-Koury pour se rendre à Bamako. Si ce grand détour est coûteux, il permet tout de même aux gens de voyager en toute sécurité et d’arriver en entier à destination, contrairement au tronçon Mopti-Gao sur lequel les attaques terroristes meurtrières sont monnaie courante.
Présentement, avec la montée des eaux sur le fleuve Niger, beaucoup de voyageurs des Régions de Gao, Kidal, Taoudéni, qui veulent se rendre à Bamako ou dans des localités du Centre du Mali, choisissent les bateaux Compagnie malienne de navigation (Comanav). C’est constamment la ruée au quai de la Cité des Askia cette année.
En ce jour du mercredi, l’infirmier Abdoulaye Tandina vient de descendre du bateau en provenance de Kabara (Tombouctou). Interrogé, il explique avoir choisi de voyager sur le fleuve à cause de l’insécurité et de l’état désastreux de la route. Il est monté à bord d’un bateau à Kabara à Tombouctou. Le billet d’une cabine de luxe pour aller à Gao lui a coûté 40.500 Fcfa.
Mme Haïdara Aïssa Bouya est mariée à Tombouctou, mais ses parents vivent à Niamey, la capitale du Niger. A cause de l’insécurité, elle a choisi le bateau. Elle a acheté un billet à 5125 Fcfa pour avoir une place sur le toit à destination de Gao. Mme Haïdara Aïssa Bouya fera plus tard le trajet Gao-Niamey par bus. La peur se lit dans son regard quand elle raconte sa récente mésaventure. En effet, plusieurs hommes armés ont attaqué le bus dans lequel elle voyageait. Elle a été dépouillée de son téléphone potable et de l’argent qu’elle avait sur elle.

LA PSYCHOSE DE L’INSÉCURITÉ-Le bateau «Général Soumaré» de la Comanav en provenance de Koulikoro accoste le 4 septembre 2019 sur le quai de Gao. «C’est son deuxième voyage au cours de cette année 2019», informe le chef d’escale de la Compagnie à Gao, Aliou Issa Maga. Pour le bateau qui relie Tombouctou-Koulikoro-Mopti, il était à son troisième voyage. «Le bateau fait une semaine entre Koulikoro et Gao», explique le chef d’escale de la Comanav de Gao, ajoutant que chaque année, la compagnie effectue une révision générale sur tous les bateaux. Plus de 179 passagers ont pris place à bord du bateau «Général Soumaré» qui a quitté Gao le 26 septembre 2019. Les tarifs du bateau varient selon les classes. Le voyage en 4ème classe de Gao à Koulikoro coûte 14.550 Fcfa par personne, mais le passager n’a pas droit aux trois repas de la journée. La troisième classe coûte 67.500 Fcfa. Ce billet donne droit à trois repas et une couchette. La cabine de deuxième classe compte quatre lits. Il faut débourser 114.500 Fcfa pour un lit et on a droit aux trois repas. La cabine de 1ère classe compte deux lits, à 160.500 Fcfa l’unité. La cabine de luxe de Gao à Koulikoro coûte la coquette somme de 302.500 Fcfa. Elle donne droit à des repas haut de gamme.
Le prix de transport des marchandises ou des véhicules se calcule au kilomètre, à la tonne. La catégorie des marchandises et le poids du véhicule mentionné sur la carte grise sont pris en compte. Mais le passager a droit à une franchise. Le trafic fluvial est sécurisé par nos Forces de défense et de sécurité. Malgré la présence de l’escorte militaire, la psychose de l’insécurité règne parmi les voyageurs des bateaux, car les forces du mal sont imprévisibles. Le chef d’escale de la Comanav, Aliou Idrissa Maïga, rappelle que l’un des bateaux de la compagnie a été attaqué l’an dernier dans la zone de Diafarabé, dans la Région de Mopti.
Les passagers des bateaux sont dotés de gilets de sauvetage au cas où. à Gao comme ailleurs, les quais sont encombrés d’ordures abandonnées par les populations riveraines. Une situation qui rend l’accostage des bateaux difficile. En outre, la Compagnie a installé des balises dans le lit du fleuve pour que ses bateaux ne tombent pas dans les zones à risque. En situation normale, les bateaux à destination de Gao font 14 rotations, de septembre à janvier, selon le niveau du fleuve.
Plusieurs personnes travaillent à bord du bateau «Général Soumaré».
L’équipage compte 20 dockers, deux gardiens, quatre pilotes, un mécanicien, un aide-mécanicien, un infirmier, un compteur, un chef de transit.
Les responsables administratifs du bateau sont le commissaire, le commandant du bateau et son adjoint. A bord du bateau, la restauration est assurée par un traiteur. Durant tout le trajet, la salle de conférence, le restaurant et le bar du mastodonte sont animés. Les loisirs sont nombreux et les voyageurs ne s’ennuient pas.

Abdourhamane TOURÉ
Amap-Gao

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