Inclusion financière : La finance islamique, un outil efficace

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Une part non négligeable de la société se trouve exclue du système financier classique

Acteurs de la finance, décideurs politiques, membres de la société civile, représentants d’institutions nationales et internationales, réunis hier dans un hôtel de la place, entendent relever le défi de l’inclusion financière.
Ils participent à cet effet à l’atelier national d’information et de diffusion sur la pratique de la finance islamique, organisé par le ministère de la Promotion de l’Investissement privé, des Petites et moyennes entreprises et de l’Entrepreneuriat national. L’ouverture de ces assises, présidée par la patronne dudit département, Safia Boly, a enregistré la présence des représentants du Haut conseil islamique du Mali, de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), des consommateurs et de la mairie de la Commune III.
Cette session intervient à un moment où la promotion de l’inclusion financière apparaît comme une priorité en matière d’actions de développement et de lutte contre la pauvreté, dans plusieurs pays notamment ceux en voie de développement. C’est ainsi que le Mali a adopté, en juin 2016, la Politique nationale de développement de la microfinance et son Plan d’actions visant à « favoriser un accès large et diversifié aux services financiers et protéger les clients ». La BCEAO a, quant à elle, amendé la Loi cadre portant réglementation des Système financiers décentralisés (SFD) pour permettre à ces structures de réaliser des opérations de finance islamique à titre principal ou de manière exclusive.

La concrétisation d’une telle volonté passe nécessairement par l’information des populations, la formation des acteurs opérationnels et l’implication des décideurs. Cela en vue de mieux saisir les opportunités d’affaires et d’investissement en finance islamique. D’où la tenue de la présente rencontre. Ainsi, trois jours durant (du 25 au 27), ces acteurs échangeront  sur : les enjeux de la micro-finance, le cadre conceptuel de la finance islamique et les expériences d’institutions bancaires en la matière. Ils sont aidés pour ce faire par des experts à la renommée internationale.
Invité à animer une thématique dans ce cadre, l’expert Sidi Bouaré trouve très faible le taux de bancarisation dans le secteur de la microfinance. Les raisons de cette faiblesse sont d’ordre culturel ou cultuel. En ce sens qu’une part importante de la population ne semble pas, à en croire le directeur général de la Caisse d’intermédiation et de développement (CID Amanah finance Sa), avoir foi en la finance classique ou conventionnelle. Qu’elle considère interdite par la religion musulmane, étaie-t-il.

D’office, une part non négligeable de la société qui pourrait être bancarisée par la finance islamique, se trouve exclue du système classique, déplore le spécialiste. Pour lui, en leur offrant un système financier conforme à leur conviction religieuse, ces clients potentiels forclos pourront contribuer à l’économie nationale grâce à leur épargne. Le mode de financement privilégié par la finance islamique qui «pourrait mobiliser plus de 500 milliards de Fcfa par an», répond à ce besoin légitime de nos populations, estime le directeur de la caisse intervenant dans la finance islamique.
Car, ajoute-t-il, la finance islamique est basée sur le partage de risque. En la matière, elle peut, à travers le mode de financement participatif, accompagner les opérateurs économiques, les PME/PMI qui peinent à se développer faute de moyens suffisants, en leur apportant conseils et suivi, en plus de l’argent.
Abondant dans le même sens, Safia Boly avait, dans son allocation d’ouverture, reconnu : «Les opportunités qu’offre la finance islamique sont multiples et variées. Elle contribue non seulement à l’inclusion financière de nos populations à la stabilité du système financier, mais aussi et surtout à la résilience des structures financières».
Aussi, demeure-t-elle encore de nos jours un outil privilégié dans l’atteinte des objectifs de réduction de la pauvreté et de création d’emplois, a insisté la patronne du département. Avant d’ajouter : «Composante essentielle du secteur financier, la finance islamique constitue un axe stratégique majeur dans les politiques publiques», dont l’objectif est de favoriser l’accès de tous au système financier.
Pour ce faire, les recommandations de cette session permettront, dira Safia Boly, de répondre au mieux aux besoins en produits et services financiers pour le développement des secteurs sociaux.

Cheick M. TRAORÉ

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