La recherche pour booster la productivité

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Face aux effets néfastes du changement climatique et la raréfaction des ressources, l’investissement dans la recherche et le développement paraît une alternative plausible permettant un accroissement substantiel de la productivité agricole. Donc des revenus. Surtout au Mali où, comme ailleurs dans le monde, près de 80 % des personnes en situation d’extrême pauvreté vivent en milieu rural. Un grand nombre d’entre elles pratiquent l’agriculture.

En conséquence, la lutte contre la pauvreté doit être fortement axée sur l’augmentation de la productivité agricole qui a plus d’impact que n’importe quel autre secteur sur la réduction de la pauvreté – environ deux fois plus que l’industrie manufacturière, plaide le rapport «Récolter la prospérité : technologie et productivité dans l’agriculture». Publié avant-hier lundi, il est le quatrième volume de la série d’études du Projet sur la productivité de la Banque mondiale.

Ce constat semble évident. La croissance de près de 5% du PIB de notre économie reste fortement tributaire de l’agriculture. En 2018, les recettes fiscales ont baissé de 3,4 points de pourcentage du PIB et les recettes non fiscales de 0,8, par rapport à 2017. Ce taux de croissance est certes robuste, mais insuffisant pour créer de richesses et réduire les inégalités dans un pays où la population, estimée à près de 18 millions, progresse d’environ 3% par an.

Dans un tel contexte de raréfaction des ressources internes, il importe, pour espérer stimuler la croissance, d’accroître la productivité agricole. Comme c’est le cas en Asie de l’Est où les rendements de culture ont sextuplé durant les 40 dernières années, contribuant ainsi à la réduction étonnante de la pauvreté en Chine par exemple.

Cela, grâce aux investissements dans la recherche et le développement (R&D). En 2011, le financement de la R&D agricole correspondait à 3,25 % du PIB agricole dans les pays développés, contre 0,52 % dans les pays en développement. Parmi ceux-ci, le Brésil et la Chine ont investi des montants relativement élevés dans la R&D agricole.

Tandis qu’en «Afrique et en Asie du Sud, l’agriculture est confrontée à un paradoxe sur le plan de l’innovation. Alors qu’il est prouvé que la R&D et la diffusion des connaissances ont un impact très élevé sur les rendements et la croissance économiques, les dépenses de recherche diminuent dans des zones critiques du monde et les universités et centres de recherche locaux n’arrivent pas à suivre», constate William Maloney, économiste en chef à la Banque mondiale.

Pour eux, la réorientation en cour de l’aide publique à l’agriculture doit servir de tremplin aux décideurs pour revivifier les systèmes publics de recherche agricole, d’investir dans l’enseignement supérieur agricole et de mettre en place les conditions nécessaires à la mobilisation de la R&D du secteur privé.

Cheick M. Traoré
L’ESSOR

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