Le saviez-vous ? Bamako, LES MODES DE TRAVERSÉE AVANT LE PONT

0
251

Comme nous le signalions la semaine dernière, avant l’inauguration du premier pont de Bamako en 1957 (d’autres disent en 1960), la traversée du fleuve Niger se faisait de deux manières: les pirogues en saison sèche et le bac (bateau) en période hivernale. En témoigne, dans les colonnes de L’Essor en septembre 2010, le chef de quartier de Bozola, Boukader Touré.
Selon le notable, pendant la saison sèche, les petites pirogues, une douzaine, servaient à transporter les gens d’une rive à l’autre. Tandis que les véhicules empruntaient la chaussée submersible de Sotuba, communément appelée «babilikoroni». Chacune des pirogues en activité pouvait prendre 15 passagers. Le coût de la traversée par personne variait entre 25 et 50 Fcfa. Le quai se trouvait à côté de la brigade de la gendarmerie fluviale de Bamako.
Un second quai était situé à l’emplacement actuel de l’Hôtel «Mariétou Palace».
Il servait de lieu d’accostage aux pirogues transportant des crudités (légumes) à destination de la capitale. Le problème majeur à cette époque, c’est que le nombre de pirogues était insuffisant pour la traversée. Par conséquent, les gens pouvaient attendre des minutes avant d’embarquer dans une pirogue.
La saison sèche terminée, la crue et le courant extrêmement forts contraignaient les piroguiers à cesser leur activité lucrative. Un bac prenait alors le relais pour transporter aussi bien les personnes, les chargements que les véhicules pendant la période des hautes eaux. Equipé de deux moteurs, ce bateau pouvait prendre trois véhicules et plusieurs passagers. Comme ça se fait actuellement dans certaines contrées du pays.
«La traversée du fleuve se faisait sans grande difficulté. Je ne me souviens pas qu’il ait eu un quelconque incident grave lors de la traversée. Parfois, le bac tombait en panne, mais, on arrivait toujours à trouver une solution», explique l’octogénaire Boukader Touré.
L’inauguration du premier pont de Bamako, appelé pont de Badalabougou, a mis fin à ce mode de transport qui aurait servi pendant plus de 40 ans.
Madiba KEITA

Laisser une réponse

P