Migrants vulnérables : Le concept a besoin d’une clarification

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Dans le cadre de ses activités de lutte contre la traite des personnes, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a organisé, mardi dernier, dans un hôtel de la place une session de sensibilisation des acteurs. La cérémonie d’ouverture était présidée par la chargé du projet à l’OIM, Monika Peruffo. Durant trois jours, décideurs, directeurs de structures et professionnels ont été formés sur la protection et l’aide aux migrants vulnérables à la violence, à l’exploitation et aux mauvais traitements. Cette session de formation s’inscrivait dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Safety and solutions in the central Méditerranéen Route », financé par le Département pour le développement international (DFID) du Royaume-Uni.
La formation vise à recueillir les impressions des hauts responsables et acteurs impliqués dans la protection et l’assistance aux migrants vulnérables au Mali. Ceci, afin d’introduire les concepts clés et les mécanismes d’action liés à l’aide et à la protection des migrants vulnérables au niveau structurel, individuel et familial.

Selon l’OIM, de nombreux migrants sont aujourd’hui victimes de la violence, de l’exploitation et du mauvais traitement. Ces derniers, poursuit l’organisation, ne bénéficient pas d’un régime de protection ou d’une assistance adéquate. C’est le cas par exemple des travailleurs migrants employés dans de mauvaises conditions. L’OIM a également notifié le cas de celles et ceux qui, en raison de leur seul statut de migrant (e), sont parfois victimes de mauvais traitements ou d’exploitation sous la forme de pots-de-vin, de travail ou d’actes sexuels.

La perte de documents, l’insuffisance de ressources pour poursuivre le voyage avec dignité et sécurité sont des facteurs de stress psychosociaux graves du phénomène de l’immigration, peut-on lire dans un document remis à la presse. Ces risques sont souvent aggravés par un accès limité à des services propres pour atténuer leur impact ou y remédier, précise le document.
Cette situation nécessite une implication sincère des différents acteurs impliqués de l’échelon global, régional et local, en vue d’apporter des réponses cohérentes et concertées au fléau. Quant au terme « migrants vulnérables », la note d’information indique qu’à l’heure actuelle, il n’existe pas une définition acceptée de l’expression, sur le plan international.

Le dossier précise aussi qu’il n’y a aucune procédure claire reconnue pour l’identification des migrants vulnérables permettant de leur porter protection et assistance. Ce manquement empêche les services gouvernementaux et non gouvernementaux de bien faire leur travail sur le terrain. Pour répondre à toutes ces insuffisances, l’OIM a récemment développé un manuel sur la protection et l’aide aux migrants vulnérables à la violence, à l’exploitation et aux mauvais traitements. Ce manuel en cours de publication a pour principal objectif d’apporter une clarté conceptuelle en proposant des définitions opérationnelles à travers un cadre de protection et d’assistance. L’ouvrage est fondé sur une approche holistique de la vulnérabilité des migrants victimes des mauvais traitements.
Il comprend une grille de lecture permettant d’évaluer les facteurs de risque et de protection les « déterminants de la vulnérabilité des migrants » au niveau individuel, familial et communautaire. Le document propose par ailleurs un cadre programmatique d’actions visant à protéger et à aider les migrants vulnérables durant tout leur parcours.

Amsatou Oumou TRAORÉ

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