Pilier : DES MÉRITES DE LA CÉLÉBRATION DES OFFICES EN COMMUN

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Lorsqu’ils entretiennent leurs communautés des prescriptions de la religion musulmane, les exégètes soulignent l’importance particulière accordée à la prière parmi les autres rites qui en constituent les piliers. Faisant usage de métaphores pour évoquer ce thème des plus vastes, un théologien interpellera ainsi son auditoire. «Dans une entreprise, ou partout ailleurs, lorsque parvient à un individu l’invitation ou la convocation à se présenter devant l’un quelconque de ses supérieurs, la personne concernée s’exécute immédiatement, toutes affaires cessantes. Mais combien sommes-nous à répondre avec une telle diligence à l’appel répété plusieurs fois par jour du muezzin, nous invitant à consacrer quelques minutes de notre temps à l’invocation du Tout-Puissant», interrogera-t-il. Lui pourtant, dira le théologien, est l’Autorité suprême au-dessus de tous ceux qui détiennent, pour un temps limité, quelque portion de pouvoir sur leurs semblables ici-bas».
Établissant la distinction entre la sollicitation personnelle au Tout-Puissant et son invocation dans diverses circonstances de la vie, le théologien s’arrêtera sur la prescription de la prière canonique, qui est d’obligation divine pour le croyant. Rapportant divers propos du Messager (PSL) à ce sujet, il dira que «le muezzin est le serviteur du Seigneur qui informe les croyants du temps marqué pour se présenter devant le Tout-Puissant, tout comme l’huissier du roi donne l’autorisation aux «solliciteurs» d’accéder auprès de lui, au temps convenu».
En un autre rappel, l’exégète indiquera que «si les hommes savaient les mérites de l’appel à la prière, et à y être les premiers, ils auraient instauré un roulement entre eux pour y accéder, et s’ils savaient les mérites de venir tôt à la mosquée, ils seraient les premiers à y arriver. S’ils savaient par ailleurs les mérites des prières du soir et de l’aube, ils les auraient accomplies, même en se traînant à quatre pattes».
Les oulémas rapportent ainsi qu’instruit des bienfaits de fréquenter les lieux de culte pour la célébration des offices en commun, un homme entreprit de faire déménager sa famille pour l’installer à proximité d’une mosquée que jouxtait un espace inoccupé. Informé de cette intention du fidèle, le Messager se rendit chez lui pour en avoir la confirmation. «La mosquée est loin de nous et le terrain à côté est inoccupé», se justifia-t-il.
L’Envoyé le dissuada ainsi : «Demeurez où vous êtes, car à chaque pas que vous effectuez vers la mosquée, il vous sera inscrit une bonne action». Il est rapporté par ailleurs entre autres épisodes sur ce thème, que le Messager, s’entretenant un jour avec ses compagnons, leur demanda: «Ne vous apprendrai-je pas lequel est le pire des voleurs parmi les hommes ?» Son auditoire anxieux acquiesça. «C’est celui qui vole de sa prière», leur dit-il.
Face à leur perplexité, il expliqua : «C’est lorsque l’homme n’accomplit ni les inclinaisons, ni les prosternations telles que prescrites». Il est dit à ce propos que seront honorés  des hommes que ni le négoce, ni le troc ne distraient de l’invocation d’Allah, de l’accomplissement de la prière et de l’acquittement de la Zakat, et qui redoutent un Jour où les cœurs seront bouleversés ainsi que les regards». (24:37).
A. K. CISSé

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