Régie du chemin de fer : UN NOUVEAU PLAN DE RELANCE DES ACTIVITÉS

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La reprise du trafic est une des fortes préoccupations exprimées par les populations riveraines des rails

La reprise du trafic ferroviaire national est désormais une réalité avec des investissements évalués à près de 10 milliards de Fcfa. L’annonce a été faite par le gouvernement àl’issue du conseil des ministres de mercredi

Le gouvernement entend relancer le trafic ferroviaire national (de voyageurs et de marchandises) entre Bamako et Diboli. Une communication écrite du ministre des Transports et de la Mobilité urbaine, Ibrahima Abdoul Ly, l’a annoncé, mercredi, en conseil des ministres, présidé par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta.
Le plan de relance annoncé et évalué à près de 10 milliards de Fcfa, s’inscrit dans le cadre de l’exécution des recommandations du diagnostic des infrastructures ferroviaires et du matériel roulant. Il intervient un mois après la visite de quatre jours que le Premier ministre a effectué dans la Région de Kayes, fin août et début septembre. Dr Boubou Cissé avait pris la « route inhumaine » Kati-Didiéni pour s’imprégner des besoins des populations, afin d’y apporter des solutions idoines et adaptées.
à cette occasion, les populations des différentes localités avaient, à l’unanimité, souhaité la reprise des activités liées au rail qu’elles considèrent comme un patrimoine culturel, un symbole de souveraineté et un vecteur de progrès économique sûr et durable pour elles. Le chef du gouvernement avait, en réponse à ces doléances, promis de tout mettre en œuvre afin que le train siffle à nouveau dans un bref délai, en tenant compte des ressources disponibles.

586 KM À RÉHABILITER– Donc, cette mesure annoncée pourrait être une réponse concrète aux doléances, notamment des jeunes de Kati et Kayes qui avaient manifesté à cet effet. Pour ce faire, les autorités entendent remettre à niveau « la voie entre Bamako et Diboli », longue de 586 km, réhabiliter « 19 gares ferroviaires » et restaurer « des campements pour la surveillance et l’entretien de la voie ferrée ».  La reprise verra aussi, selon le département en charge des Transports, « la réhabilitation des dépôts et ateliers de maintenance ; l’acquisition d’outillage pour l’entretien et la maintenance du matériel roulant ». Elle prévoit également « la location avec option d’achat de quatre locomotives reconditionnées d’une puissance nominale requise de 2 400 CV ; la réparation et la remise en état de 31 voitures, fourgons bagages et générateurs ; la réhabilitation et l’acquisition des engins mécaniques, et outillages d’entretien de la voie ».  La mise en œuvre du plan de relance passera aussi par la « réhabilitation du système de télécommunication  et la formation du personnel dans la gestion du patrimoine et de la sécurité ferroviaire ». Selon les estimations des services spécialisés du ministère des Transports et de la Mobilité urbaine, le budget s’élèvera à 9,874 milliards de Fcfa.
La réalisation des activités prônées désenclavera « les localités riveraines du chemin de fer » et relancera l’économie des localités desservies par les rails. Elle améliorera aussi, prévoit Ibrahima Abdoul Ly, la mobilité des populations des zones desservies.

PLUSIEURS ÉCHECS- Cette intention manifestée par nos autorités, si elle venait à se concrétiser, donnerait un souffle nouveau à l’activité économique de cette région voire de l’ensemble du pays. Elle donnera, sans doute, un nouvel espoir aux familles des centaines de cheminots que compte notre pays. Elle intervient, en outre, près d’un an après l’installation, en octobre 2018, des nouveaux administrateurs de la Régie des chemins de fer du Mali et du Sénégal : Dakar-Bamako ferroviaire (DBF), dirigés par le Sénégalais Kibily Touré.
L’installation de cette nouvelle équipe dirigeante intervenait après l’échec de plusieurs plans de relance. En septembre 2003, les États du Mali et du Sénégal ont procédé à une «concession globale et intégrale de leurs réseaux ferroviaires nationaux» au profit de Transrail SA. Cette société franco-canadienne a, après plus d’une dizaine d’années d’exploitation, avoué en 2015 son incapacité à assurer les charges salariales des centaines de travailleurs que compte l’entreprise. à la suite de la résiliation du contrat de Transrail SA, une administration transitoire avait été mise en place pour la relance de l’activité qui peine toujours à se réaliser. Rappelons qu’après l’éclatement de la Fédération du Mali, l’ancienne Régie des chemins de fer de l’Afrique de l’Ouest a été scindée en deux compagnies distinctes : la Régie des chemins de fer du Mali (RCFM) et la Régie sénégalaise. Un accord entre le Sénégal et le Mali en 1962 détermina l’exploitation commune de la ligne par les deux régies.
Cette ligne longue de 1.287 km, dénommée jadis chemin de fer Dakar-Niger, relie la capitale sénégalaise à Koulikoro. Elle dessert de nombreuses villes du Sénégal (Thiès) et du Mali (Kayes, Kita, Kati, Bamako). Le projet de construction de la ligne de chemin de fer Dakar-Niger a été élaboré à la fin du XIX siècle par le général Gallieni commandant du Soudan français.
L’objectif était de relier le fleuve Niger et le port de Dakar afin de permettre l’acheminement des matières premières vers la métropole. La construction de la ligne sera achevée au début du XXè siècle : le tronçon Kayes-Koulikoro fut inauguré en 1904 et la totalité de la ligne, Dakar-Koulikoro, en 1924.
Cheick M. TRAORÉ

1 comment

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    T.Sankara 4 octobre, 2019 àt 16:29 Répondre

    Vous a l’Essor, vous devez arreter de caresser le pouvoir « dans le sens du poil ». Le pays ne mache pas, il n’est pas gere du tout.
    SI IBK ETAIT UN CHEF D’ENTREPRISE DANS UN PAYS « NORMAL » (ailleurs qu’en Afrique), ON L’AURAIT LICENCIE DEPUIS.

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