Camp para de Djicoroni : Requiem pour les militaires tombés à Boulkessi et Mondoro

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Fierté, compassion et émotion étaient des sentiments perceptibles sur les visages de nombreuses personnes présentes, hier dans la matinée, à la Place d’arme du 33è Régiment des commandos parachutistes (RCP) de Djicoroni para. La raison : cette place forte de l’armée nationale abritait la cérémonie de prière et de sacrifices du 7è jour de la disparition des éléments des Forces armées maliennes (FAMa) suite à la double attaque qui a visé, la semaine dernière, le camp de Boulkessi et le poste militaire de Mondoro dans la Région de Mopti.

C’était en présence du Premier ministre, Dr Boubou Cissé, du ministre de la Défense et des Anciens combattants, le général Ibrahima Dahirou Dembélé. Les chefs militaires, les parents, proches et amis des militaires arrachés à l’affection de tous, les anciens du RCP et une foule d’anonymes étaient aussi présents.

Moment fort de recueillement et de dévotion, cette cérémonie a en effet été marquée par la lecture du saint Coran et des bénédictions pour le repos des l’âmes des disparus. Toutes choses qui confortent le commandant du 33è RCP, le lieutenant-colonel Moustapha Sangaré, pour qui les prières sont faites pour non seulement leurs frères d’armes décédés, mais aussi pour retrouver saints et saufs les miliaires portés disparus. Et l’officier supérieur de remercier les autorités du pays pour leurs soutiens, notamment le chef du gouvernement pour sa présence, avant de souhaiter que des hommages nationaux soient rendus plus tard aux vaillants soldats tombés au champ d’honneur.

PROFONDE COMPASSION- Visiblement ému, le Premier ministre a, à la fin de la cérémonie, confié que le président de la République, chef suprême des Armées, Ibrahim Boubacar Keïta lui a demandé de venir à la rencontre des familles, des camarades endeuillés, de les voir, les entendre et surtout de partager leur peine et leur tristesse. Selon Dr Boubou Cissé, le chef de l’Etat lui a également demandé de rassurer chacun et chacune d’entre eux de sa profonde compassion et de sa solidarité agissante. Mais au-delà, a-t-il insisté, la profonde compassion de toute la Nation malienne. Pour lui, ce qui s’est passé à Boulkessi fait très mal, estimant que ce sont des événements qui nous endeuillent, qui nous privent d’une grande partie de notre capacité de défense. « Évidemment, je ne suis pas ici au nom du président pour déplorer les épaves des voitures détruites, parce que ces équipements peuvent être remplacés. Ce qui ne peut pas être remplacé ce sont des pertes en vies humaines, ce sont nos soldats qui sont tombés les armes à la main en train de défendre l’intégrité de l’Etat et notre sécurité à tous », a souligné le chef du gouvernement, ajoutant que ces valeureux soldats tombés, sont les martyrs de notre guerre de libération. Boubou Cissé a assuré ensuite que les leçons seront tirées au bon moment et au bon endroit.

Le Premier ministre a également indiqué que nous sommes dans une guerre qui, hélas, va durer encore un bon moment. « Nous sommes face à une guerre asymétrique, l’ennemi agit par surprise, la plupart du temps la nuit ou à l’aube. Il nous faut nous adapter à ces méthodes -là. Ces méthodes qui consistent à ne pas attaquer frontalement, mais à la manière des lâches », a laissé entendre le chef du gouvernement qui a renouvelé sa confiance à nos soldats, et s’est dit convaincu que le Mali gagnera cette guerre. Pour y parvenir, il a appelé chacun à se mobiliser, à continuer à faire confiance, à encourager nos forces de défense et de sécurité.
Il convient de rappeler que le bilan de ces funestes attaques est de 38 morts, plusieurs blessés, des portés disparus et de lourdes pertes en matériels dans le rang des FAMa.

Massa SIDIBE

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