Route Goma-Coura/Tombouctou : Reprise des travaux de construction

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Cette route permettra de désenclaver la 6è région

Long de 484 km, ce tronçon Niono-Goma Coura-Tombouctou est financé sur les ressources du 10è Fonds européen de développement

Hier, à Goma-Coura (Commune rurale de Dogofry, Région de Ségou), le Premier ministre Boubou Cissé  a présidé la cérémonie de reprise des travaux de la route entre cette localité et Tombouctou. C’était en présence de l’ambassadeur Bart Ouvry, chef de la délégation de l’Union européenne au Mali, du gouverneur de Ségou, Biramou Sissoko et de celui de Tombouctou, Koina Ag Ahmadou.
C’est dans une atmosphère de joie que les habitants de Goma-Coura ont accueilli le chef du gouvernement et sa délégation. Après la minute de silence observée en hommage à toutes les victimes du terrorisme, le maire de Dogofry, Modibo Kimbiri, a transmis les salutations des populations au chef du gouvernement et exprimé tout l’enthousiasme suscité pour la reprise des travaux de la route Niono/Goma-Coura/Tombouctou appelée «Route du Sahel».
Pour l’édile, «cette route va développer nos activités économiques puisqu’elle nous permettra de facilement écouler nos productions agricoles. Nous avons déjà  perçu les avantages du  tronçon Niono/Goma-Coura. Nous sommes persuadés que celui de Goma-Coura/Tombouctou apportera la prospérité pour les habitants dans nos communes».
Le maire de Dogofry a remercié le gouvernement pour ses efforts et sa promptitude qui ont permis le redémarrage des travaux. Il a rassuré que l’accompagnement de ses administrés ne fera pas défaut pour le bon déroulement des travaux.
L’objectif de la construction d’une route bitumée entre Niono et Tombouctou est le désenclavement  de la 6è Région en vue de son intégration efficiente à l’économie nationale. Elle permet d’assurer également une liaison entièrement bitumée entre la capitale et cette vaste zone enclavée qui n’est desservie que par les bateaux en période de hautes eaux du fleuve Niger.

Pour le chef de la délégation de l’Union européenne au Mali, ce projet est l’un des plus importants de l’Europe au Mali. «Aujourd’hui, je salue l’action du gouvernement et du Premier ministre qui nous permet de finaliser cette route», a exprimé Bart Ouvry, tout en réaffirmant le soutien de l’UE à  accompagner les efforts du gouvernement afin «d’améliorer les secteurs des transports et la mobilité des personnes et des biens».
«Ma présence ce matin à Goma-Coura traduit l’attachement du gouvernement au respect de ses engagements et mon profond attachement à la parole donnée. Engagements pris par le gouvernement envers les populations de Tombouctou et de toute la 6è région», a indiqué le Premier ministre. Boubou Cissé a insisté ensuite sur l’importance de la construction de cette route et salué par la même occasion l’accompagnement de l’UE dans la réalisation de ce projet phare qui contribuera, sans nul doute, au développement socio-économique de notre pays. Long de 484 km, le tronçon Goma-Coura/Tombouctou est financé sur les ressources du 10è Fonds européen de développement (FED). Il est reparti en trois lots : lot 1 (Goma-Coura/Léré, 165 km), lot 2 (Léré-Niafunké, 121 km) et lot 3 (Niafunké-Tombouctou, 198 km).
En 2014, les travaux de l’axe Niafunké-Tombouctou et Diré-Goundam ont redémarré. Après plusieurs suspensions et arrêts, ils ont été achevés en janvier 2017. Commencé en 2016, les travaux du tronçon Goma-Coura/Léré avaient atteint un taux d’exécution de 39,80% (50 km de terrassements sur lesquels 36 km étaient déjà bitumés) quand ils ont été interrompus le 15 décembre 2017.

Les travaux de construction de la section Léré-Niafunké ont été aussi suspendus le 25 octobre 2017 suite à une attaque terroriste à Soumpi. Depuis cette date, il a été convenu qu’une reprise des travaux ne pouvait se faire qu’à la suite d’une amélioration de la situation sécuritaire dans la zone du projet afin de ne pas exposer les intervenants sur le chantier. Dans le cadre de la reprise des travaux, il a été retenu le principe de réalisation en chaînette (section après section) et d’adapter les moyens humains et matériels à cette stratégie afin de permettre une sécurisation optimisée et de réduire quasiment à néant toute future réclamation de l’entreprise liée à l’immobilisation des équipements.
L’entreprise Sogea- Satom, chargée des travaux, a entrepris des démarches pour sortir les équipements restants et les installations en vue de leur transfert de Niafunké vers Goma-Coura. A cet effet, une mission du ministère des Infrastructures et de l’Equipement a séjourné sur le terrain le 3 octobre 2019, mission au cours de laquelle les populations de Niafunké ont été informées des nouvelles dispositions de reprise des travaux à partir de Goma-Coura. A la date d’aujourd’hui, le premier convoi de transfert des équipements de Sogea-Satom, qui a quitté Niafunké, est arrivé à Ségou.
En ce qui concerne le dispositif sécuritaire, après plusieurs séances de travail avec l’état-major général des Armées, un dimensionnement des troupes à mettre en place a été établi sur la base de quatre compagnies dont deux étaient déjà sur place à Goma-Coura. Des dispositions sont en cours en vue de la mobilisation des deux compagnies complémentaires et l’Armée attend toujours le paiement des 800 millions nécessaires pour les frais d’entretien et de fonctionnement des troupes miliaires durant les trois premiers mois.
La stratégie initiée jusqu’à ce jour est de faire en sorte que le personnel d’encadrement de l’entreprise Sogea-Satom soit uniquement des Africains. Sogea-Satom a ainsi engagé quelques sous-traitants avec qui elle travaille mais qui n’ont aucun rattachement aux OPECOM locales. Cette stratégie a connu ses limites, car les travaux sont arrêtés depuis le 15 décembre 2019 à cause de la dégradation de la situation sécuritaire et les populations des localités traversées ne cessent de réclamer leur participation active à la mise en œuvre du projet.
A la date d’aujourd’hui, les travaux de la route Goma-Coura/Tombouctou, démarrés en 2010, sont réalisés à 50%. Ces travaux ont été fréquemment suspendus à cause de la dégradation de la situation sécuritaire, toute chose ayant engendré des coûts supplémentaires exorbitants.

Source : Primature

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