Session de la Cour d’assises : 131 affaires inscrites au rôle

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Le ministre de la Justice Malick Coulibaly a présidé la cérémonie d’ouverture

Les jurés se pencheront sur les dossiers concernant 168 accusés dont 117 détenus. Les infractions vont du crime de sang à l’atteinte aux mœurs en passant par
le terrorisme

C’est dans la salle “Boubacar Sidibé” de la Cour d’appel de Bamako rénovée que s’est tenue hier la cérémonie d’ouverture des travaux de la deuxième session de la Cour d’assises au titre de l’année en cours. L’événement a enregistré la présence du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Malick Coulibaly. Outre les représentants des forces de sécurité, plusieurs membres de la famille judiciaire étaient présents.
Aux environs de 09 heures 40, le procureur général, près la Cour d’appel de Bamako, Idrissa Arizo Maïga a fait son entrée dans la salle pleine à craquer pour la circonstance.
Le procès-verbal de tirage au sort a retenu douze assesseurs (dont une femme). Ces assesseurs siègeront aux côtés des magistrats professionnels durant tout le temps de la session.
Idrissa Arizo Maïga a expliqué que le rôle de cette session est particulièrement chargée car il prend complètement en charge tous les dossiers de détenus en état de recevoir un jugement. Il y a aussi tous les renvois de la dernière session, composés essentiellement d’affaires de terrorisme. Au total, 131 affaires sont inscrites au rôle pour 168 accusés dont 117 sont détenus. Les dossiers se rapportent aux crimes de sang, à l’atteinte aux mœurs et aux biens publics, à l’association de malfaiteurs et aux violences. Le rôle comporte également des affaires relatives au terrorisme, à la traite des personnes.
Le procureur général a déploré la propagation de la violence comme mode d’expression de beaucoup de nos concitoyens. Parlant de certaines infractions comme l’atteinte à la vie et à l’intégrité corporelle, Idrissa Arizo Maïga a expliqué qu’il y a peu, celles-ci étaient considérées comme extrême du fait de leur rareté. Aujourd’hui, leur fréquence et leur récurrence inclinent à la banalisation.

Pour le magistrat, la posture de la justice face au crime doit être constante, inébranlable et inflexible pour réparer ce qui peut encore l’être, et sanctionner lourdement au besoin. Le procureur général ne s’est pas abstenu de dénoncer “l’autre modalité de la violence”.
Il s’agit de cette forme de violence qui consiste à faire la publicité des crimes les plus horribles par leur mise en ligne sur les réseaux sociaux. “Les réseaux sociaux sont devenus chez nous un instrument privilégié aux mains d’esprits retors, qui s’en servent sans retenue pour laisser libre cours à leurs épanchements de bile contre des citoyens dont ils achèvent de détruire la vie à jamais”, a dénoncé Idrissa Arizo Maïga qui a estimé que “le remède unique à ses dérives reste l’application rigoureuse de la loi”.
Pour sa part, le bâtonnier de l’Ordre des avocats Me Al Hassane Sangaré a reconnu toute la difficulté de la plaidoirie au cours des sessions. Il a insisté sur l’importance du rôle des magistrats professionnels et sur la nécessité de la présence des avocats pour assister les accusés. Me Sangaré n’a pas manqué d’en appeler au respect strict des droits de l’Homme. S’adressant aux jurés, il les a exhortés à avoir en tête que les faits “gravissimes” dont sont suspectés les accusés, sont commis par des humains. Selon l’avocat, la justice doit être humaine, mais implacable.

Mohamed TRAORÉ

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