Spécial 22 septembre 2019: Culture : Le président Ibrahim Boubacar Keïta porte les ambitions du continent

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Le 10 février 2019 à Addis-Abeba, Ibrahim Boubacar Keïta était désigné par ses pairs du continent comme Coordinateur de l’Union africaine pour la culture, les arts et le patrimoine. Une première dans l’histoire de l’organisation continentale

Pour le président Keïta, le défi est de rehausser le rôle de la culture dans le processus de développement de notre continent. La mission est complexe. Mais pour celui qui « n’aime pas le terme champion », il pourrait simplement s’agir de dupliquer ses nombreuses initiatives à l’échelle continentale. Sa désignation à cette charge trouve d’ailleurs son fondement dans les actes posés au plan national, reconnus et magnifiés en ces termes par le président rwandais : « Le Mali s’impose à nous tous sur le plan de la culture et du patrimoine ». Il aura fallu que Paul Kagamé – qui a proposé ce choix – mette cet argument en avant pour convaincre Ibrahim Boubacar Keïta du bien-fondé de sa désignation. Le chef de l’Etat l’a rappelé, récemment, lors de la grande interview accordée à l’ORTM.
En cet honneur, le chef de l’Etat a dit percevoir l’ambition de ses pairs d’approfondir et d’élargir les initiatives impulsées par l’organisation continentale dans le domaine culturel. Celles-ci sont relatives à la Charte de la renaissance culturelle africaine adoptée en 2006, la création de l’Académie africaine des langues que notre pays abrite depuis 2006, l’inscription de biens africains sur la liste du patrimoine mondial. La liste n’est pas exhaustive.

« Consolider les acquis dans ces différentes initiatives et en lancer de nouvelles : voilà ce à quoi nous devons nous atteler pour répondre aux attentes des Africains », avait-il déclaré, dans un discours tenu juste après sa désignation. Depuis, le président Keïta s’emploie à mobiliser toutes les compétences africaines pour faire face aux nombreux défis. Toutes les occasions sont alors mises à profit pour rappeler l’importance de la culture qui peut servir de piliers pour le développement de notre continent.
Ce fut le cas, en février denier à Ouagadougou (Burkina Faso), à l’occasion de la 26è édition du Fespaco. Le Champion de la culture a apporté un éclat particulier à cet évènement, en réunissant ses homologues burkinabè et rwandais autour de la « Nuit du Mali ». Lors de cette fête, la culture africaine se manifesta dans toute sa diversité. Et le chef de l’Etat avait encouragé à la promotion des arts, saluant l’initiative du Fespaco qui « nous fait sentir dans notre être, notre identité africaine, dont nous n’avons aucun lieu d’avoir honte…».
Le chef de l’Etat est demandé partout en Afrique à toutes les rencontres à caractère culturel du fait de son rôle de promoteur numéro1 du patrimoine africain. Il a récemment pris part à Luanda à une rencontre internationale organisée par l’Unesco et l’Angola.
L’engagement du Champion s’appréciera aussi à l’aune des efforts qu’il a consenti dans le sens de la restitution des biens culturels africains à leurs pays d’origine. Sur ce registre, on pourrait déjà mettre à son actif la restitution à notre pays par la Norvège d’un manuscrit écrit au XIIIè siècle par Alfiyat Ibn Malik. C’était le 30 mai dernier à Bamako.
Issa Dembélé

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