Spécial 22 septembre 2019:Éditorial, Les ressorts de la résilience

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Le Mali indépendant fête, dimanche, ses 59 ans. Pour un pays, un peu plus d’un demi-siècle d’existence, n’est guère un grand âge. Mais héritier de diverses formes d’organisations sociétales et étatiques avant même l’arrivée du colonisateur, le Mali peut se prévaloir d’une somme d’expériences, nécessaire pour s’orienter dans la forêt des difficultés qu’impose la crise multidimensionnelle que nous traversons, depuis 2012. Notre pays doit avancer non pas contre des vents et marées ordinaires mais, plutôt, contre une tempête et même un tsunami.

Cette adversité, particulièrement rude, nous oblige à trouver les ressorts de la résilience si nous ne voulons pas devenir l’objet de la compassion et de la pitié de nos amis et, pire, une destination pour aventuriers et trafiquants en tout genre. Afin d’éviter le destin funeste d’un foyer de tension permanent, nous sommes condamnés à œuvrer, non seulement avec tact et discernement, pour ne pas abimer l’équilibre qui est le nôtre mais, aussi, avec courage et détermination pour rester debout face à l’adversité. De nombreuses actions sont entreprises dans ce cadre aussi bien pour la recherche d’une sortie de crise que pour le développement économique et social. L’Essor met en lumière ces actions, dans ce numéro spécial consacré à la fête anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance.

Pour la sortie de crise, le recours à nos valeurs sociétales de dialogue a vite fait l’unanimité sous la menace du spectre d’une guerre civile avec les nombreuses tueries ayant endeuillé la Région de Mopti, au cours de la première moitié de l’année. Le Dialogue national inclusif est reconnu par tous comme l’expression de la nécessité pour les Maliens de se parler, afin de trouver des solutions à la crise qui menace le pays jusque dans ses fondements. Autour des mécanismes à appliquer, l’unité retrouvée pourrait donner un coup de fouet à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation. Jusqu’ici l’application du document issu des négociations d’Alger et signé, en juin 2015, à Bamako avance à pas lents mais sûrs. Le Désarmement-démobilisation-réinsertion (DDR), étape primordiale du volet sécurité de l’accord, n’échappe pas au rythme lent de la mise en œuvre. Même s’il a connu, récemment, une avancée considérable avec l’intégration d’un premier contingent de 1006 ex-combattants dans les rangs de l’armée nationale reconstituée.

Les progrès du DDR ne feront que consolider le Programme de sécurisation intégré des régions du centre (PSIRC) qui se traduit par l’implantation en 4è et 5è régions de pas moins de 12 postes pour assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. Grâce à ces postes de sécurité, la tension a baissé en certains endroits et les populations peuvent, en cette période d’hivernage, vaquer à leurs occupations agricoles. Et, surtout, profiter des facilités de la subvention des intrants agricoles, dans la mesure où l’Etat consacre 15% du budget national à l’Agriculture. Force est de reconnaître que l’arbre des moyens colossaux mobilisés, ne cache pas la forêt des problèmes d’accès aux intrants subventionnés. D’où la solution des bons électroniques qui, visiblement, peine à remédier convenablement au problème de la distribution de l’engrais subventionné.

Tout comme les bons électroniques, le partenariat public-privé est encouragé par les partenaires techniques et financiers comme la Banque mondiale. La stratégie consistant à pallier la rareté des ressources publiques par la participation du secteur privé aux efforts de développement ouvre de bonnes perspectives pour le secteur de l’énergie. Un secteur qui bénéficie, aussi, de la diversification de ses sources de production avec le boom des énergies renouvelables.

La disponibilité de l’énergie électrique renforce les promesses de bien-être pour les populations, objectif de la réforme de la santé en cours. Cette réforme ouvrira la voie à l’amélioration des soins de santé grâce à une réorganisation de la pyramide sanitaire, la rénovation de certains grands hôpitaux, la gratuité des soins pour certaines catégories de personnes. Les soins de santé doivent être complétés par le sport pour obtenir « un esprit sain dans un corps sain ». Dans le domaine des sports, les satisfactions sont nombreuses certes mais celle qui sort du lot est sans conteste la fin de la crise de la Fédération malienne de football. Par l’élection, sans contestation aucune, d’un nouveau président de la Fédération, en la personne de Mamoutou Touré, les acteurs du football ont administré la preuve que l’on peut sortir d’une crise, si aiguë soit-elle, si les protagonistes font preuve de bonne volonté.
Cet exemple probant va-t-il inspirer la communauté nationale dans son ensemble ? C’est possible si la bonne volonté et le désir de paix et d’unité nous animent tous.

Bréhima Touré
L’ESSOR

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