Spécial 22 septembre 2019: Secteur minier : De belles perspectives aurifères

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Au moment où la fermeture de certaines mines importantes est annoncée, les investissements s’intensifient dans le secteur et la production ne cesse de croître.

Samedi 22 juillet, sur les hauteurs de Loulo, cercle de Kiéniéba, la cité de la compagnie minière canadienne Barrick (fusion Randgold/Barrick) trône au dessus des usines et carrières, et du village de Djidian. Une forêt entretenue et conservée, depuis plus de deux décennies, s’étend à perte de vue. Au pied de la colline, un lac aménagé par la mine arrose les jardins de Djidian, grâce auxquels, tout le cercle aurait pris goût au jardinage et tend à devenir autosuffisant en fruits et en légumes.
A ce décor verdoyant, plein d’espérance et qui ne cesse de séduire les visiteurs, s’ajoutent les bonnes performances minières qui se profilent à l’horizon. Ce qui dément certaines prédictions faisant état d’un épuisement de nos ressources aurifères.
Aussi, «au milieu de l’année, Loulo – Gounkoto est en bonne voie pour atteindre son objectif de production de 2019, fixé à 690.000 onces d’or. L’exploration qui continue autour de ses trois gisements principaux est en train de confirmer l’existence d’un potentiel de remplacement des réserves exploitées en rapport avec l’extension possible du plan de 10 ans du Complexe», s’est réjoui le président et directeur exécutif de Barrick, Dr Mark Bristow, lors de la traditionnelle rencontre de l’entreprise canadienne (dont le siège social est situé à Toronto au Canada) avec la presse.
L’autre bonne nouvelle, selon lui, c’est que la super carrière de Gounkoto, une des trois mines du Complexe Loulo – Gounkoto, pourrait être une quatrième mine souterraine dont la faisabilité est en cours d’étude. Par conséquent, «Barrick est en train de rechercher de nouveaux gisements le long de la zone de cisaillement sénégalo-malien longue de 70 km, qui a produit plus de découvertes majeures d’or sur les 20 dernières années que n’importe quelle autre structure dans le monde», a souligné Dr Bristow qui a révélé ensuite que  «Randgold et la société qui lui a succédé ont dépensé plus de 160 millions de dollars (près de 93 milliards de Fcfa) dans l’exploration».
Par ailleurs, en août 2019, l’entreprise Altus Strategies a annoncé avoir conclu un accord pour former une coentreprise avec Glomin Services, concernant ses projets aurifères de Lakanfla et de Tabakorole, en République du Mali. Quelques jours plus tôt, la compagnie African Gold Group (AGG), annonçait un investissement privé de 5 millions de dollars (environ 2,5 milliards de Fcfa) pour financer son projet aurifère Kobada. «Grâce à ce nouveau financement, la société est en bonne posture pour mettre en œuvre son projet», a commenté le PDG, Stan Bharti. Selon un communiqué, ce projet logerait plus de 2,2 millions d’onces d’or.

Nette amélioration- Le géant mondial de la production aurifère, le Groupe canadien B2Gold, de son côté, va investir 50 millions de dollars (près de 25 milliards de Fcfa) dans la mine d’or de Fekola. Objectif : booster son exploitation et augmenter ses rendements de production, selon un communiqué de presse diffusé en mai dernier. B2Gold évalue la production aurifère totale du site à environ 5 millions d’onces d’or. «Avec cet investissement de 50 millions de dollars sur dix-huit mois, visant à agrandir la mine et à moderniser son usine de traitement, le Groupe envisage une production de  HYPERLINK « tel:550 000 » 550.000 onces d’or par an jusqu’en  HYPERLINK « tel:2024 » 2024, puis  HYPERLINK « tel:400 000 » 400.000 pour le temps restant (environ jusqu’à  HYPERLINK « tel:2030 » 2030). Le taux de transformation annuel projeté atteindra 7,5 millions de tonnes par an, contre 6 millions actuellement», précise l’agence d’informations économiques Ecofin.
Quant à Resolute Mining, il a dépassé ses prévisions de production d’or, au titre de 2018-2019, qui sont passées de 300.000 à 305.436 onces d’or. «Dépasser les prévisions de production et surpasser les prévisions de coûts pour l’année se terminant en juin, est un résultat exceptionnel au cours d’une période de développement important pour notre entreprise», déclarait le DG John Welborn, dans un communiqué rendu public. Pour lui, l’entreprise pourrait produire, à elle seule, 300.000 onces d’or par an, quand elle sera totalement fonctionnelle. Contacté à cet effet, le département confirme : «Il y a beaucoup d’autres perspectives dans l’or. Mais, nous n’en parlerons que lorsque tout sera clair». Ces investissements réalisés ou annoncés interviennent à un moment où les mines d’or de Yatela et de Morila sont en voie de fermeture, même si à Morila, une autre vie après la fermeture, pointe à l’horizon. En effet, la mine développe depuis plus de trois ans, l’agro-business. Le développement des chaînes de valeurs de l’agriculture (maïs, soja, manioc, tomate, gombo, piment, melon, maïs sucré, etc.), de l’élevage (bovins, ovins, caprins), de l’aviculture, de l’apiculture, de la pisciculture, de l’écotourisme et de la formation aux métiers agricoles y est envisagé.
En outre, le ministère des Mines et du Pétrole indique que la production aurifère connaît une nette amélioration. Elle est passée de 50 à 61 tonnes en 2018. Les mêmes résultats sont attendus en 2019 et cette tendance se poursuivra longtemps, comme pour dire que la fin de l’or n’est pas pour demain.
Cheick M. TRAORE

 

Ressources minières : IL N’Y A PAS QUE L’OR

Les ressources minières contribuent à hauteur de plus de 350 milliards de Fcfa au budget national chaque année. Leur apport aux communes d’accueil est tout aussi considérable. Rien que courant 2019, la compagnie minière B2Gold a versé près de 1,8 milliard de Fcfa à la Commune de Kéniéba, sans compter l’apport des autres mines.
En vue de pallier ou prévenir les risques liés à la monoculture de l’or, les autorités maliennes ont pris des mesures visant la diversification en matière de production des ressources naturelles. Il faut rappeler que le Mali regorge d’importantes ressources minières et énergétiques : or, diamant, bauxite, phosphate, uranium, fer, manganèse, aluminium, lithium, gaz etc.
Son potentiel pétrolier a été mis au jour depuis les années 1960 avec les travaux de la Société nationale de recherche minière du Mali (Sonarem) assistés par l’Ex-Union soviétique. Des recherches ont été effectuées aussi dans les années 1980 par Texaco Esso, Elf, Sunnco et Murphy.
Selon l’Autorité pour la promotion de la recherche pétrolière (Aurep), le Mali compte aujourd’hui cinq bassins sédimentaires (Taoudéni, Iullemeden, Tamesna, Gao et Nara), subdivisés en 41 blocs. Le tout couvre une superficie d’environ 900.000 km2, pour seulement cinq forages pétroliers, soit un forage pour 180.000 km². Or, la moyenne mondiale de découverte d’un bassin sédimentaire est d’un forage pour 10 km². Nos bassins demeurent donc sous-explorés.
Cela n’a pas empêché de découvrir le potentiel du bassin de Taoudenni, estimé à 13000 m3/jour de gaz naturel (83% méthane). Cette découverte a été faite grâce au forage Abolog1 réalisé par Texaco en 1974 dans sa partie mauritanienne et du condensat. L’Aurep assure que des indices intéressants révélent la présence de gaz notamment dans le puits de Yarba-1.
La crise en 2012 a interrompu les recherches des sociétés pétrolières dans la zone de Taoudéni. Malgré cela, nous assistons à un regain d’intérêt pour le secteur, depuis un moment. Le bloc 20, situé à la frontière Mali – Algérie, intéresse une compagnie algérienne.
Les Algériens veulent y réaliser un premier forage à condition que nos autorités réunissent les conditions sécuritaires nécessaires, révèle le chef de cabinet de la ministre des Mines et du Pétrole. Lamine Alexis Dembélé parle aussi de la présence de l’hydrogène naturel constitué de 95% d’hydrogène pur et 5% de méthane au niveau du bloc 21, situé à côté de Bamako. Son exploitation pourrait permettre de résoudre le problème d’électricité auquel le pays est confronté.
Selon l’ancien secrétaire général du même département, les régions situées dans la partie nord de notre pays recèlent plus de gaz que du pétrole. Des Iraniens sont intéressés par le potentiel gazier, ajoute-t-il.
Aussi, le lithium qui entre dans la fabrication des appareils technologiques de pointe comme les ordinateurs, les téléphones portables et autres, existe dans la zone de Bougouni. Son exploitation pourra commencer dans un ou deux ans.
C. M. T.

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