Suspension de l’AMO : Les pharmaciens exigent le remboursement des prestations

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6 milliards de Fcfa, c’est la somme que réclament les syndicats des pharmacies pour lever la suspension sur le service d’Assurance maladie obligatoire (AMO). Le syndicat national des pharmaciens du Mali (SYNAPHARM) et le syndicat autonome des pharmaciens d’officine privée (SYNAPPO) jurent la main sur le cœur qu’ils rendront le service disponible lorsque le ministre de la Santé et des Affaires sociales tiendra au plus tard demain mardi 3 décembre l’engagement de payer les retards dus.
En tout cas, c’est ce qui ressort des décisions arrêtées par les deux syndicats qui l’ont annoncé au cours d’une conférence de presse samedi dernier. Cette suspension a été décrétée depuis vendredi dernier après l’assemblée générale extraordinaire des pharmaciens qui s’est tenue le 28 novembre. Il faut préciser que le problème est parti de la Région de Mopti qui, depuis plus de 13 jours, a arrêté le service AMO.
La suspension de ce service, dont le but est de soulager les patients, a été causée par plusieurs difficultés, dont le retard récurrent dans le paiement, la prescription de médicaments non conventionnés, l’insuffisance des feuilles de soin, le rejet et l’ajustement non justifié et le contrôle imposé pour la validité des feuilles de soin.
Les deux syndicats demandent le règlement de toutes les factures échues sans délai, le respect strict de l’article 40 de la convention sectorielle entre la Caisse nationale d’assurance maladie du Mali (CANAM) et les Officines de pharmacies, l’instauration d’une pénalité en cas de retard de paiement, le traitement correct des feuilles de soin, le paiement d’un forfait pour le traitement des feuilles de soin, l’arrêt du préfinancement de l’AMO par les pharmaciens et la dématérialisation des feuilles de soin.
Le président du SYNAPHARM Dr Cheick Oumar Dia a déclaré que les retards de paiement ont créé des tensions de trésorerie qui fragilisent leurs entreprises et entrainent pour certaines une faillite programmée. Il a indiqué que la majorité des pharmacies sont conventionnées et depuis 9 ans elles préfinancent ce service. Normalement, explique-t-il, ces pharmacies doivent être remboursées au plus tard 15 jours après le dépôt des factures, selon l’article 40 de la convention sectorielle entre la CANAM et les Officines de pharmacies. Sur ce point, le président a révélé que ce paiement peut connaître un retard de 2 à 3 mois, voire jusqu’à 4 mois. Il a chiffré les arriérés à 1,5 milliard de Fcfa pour l’INPS et 2 milliards pour la CMSS. Aussi prévient-il, pour qu’il n’y ait pas de suspension et couvrir le besoin jusqu’en décembre le syndicaliste réclame au total 6 milliards de Fcfa.
«Notre lutte va dans le sens d’un système plus pérenne», a-t-il argumenté avant d’ajouter que l’AMO est un produit précieux. Son collègue du SYNAPPO a aussi déploré le même problème. Mais il a tenu à préciser que ce n’est pas une grève, mais une suspension. Pour lui, il le faut, car la survie de leurs entreprises est en jeu. «Nous voulons bien aider la population, mais, nous sommes confrontés au non paiement de nos factures», a t-il affirmé.

Fatoumata NAPHO

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