Ticad VII à Yokohama : Beaucoup de rendez-vous diplomatiques pour le chef de l’État

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                                                   Le chef de l’Etat avec le directeur de la société Degas
Le président la République, Ibrahim Boubacar Keïta qui séjourne actuellement à Yokohama (Japon) dans le cadre de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad VII) a consacré la journée du jeudi aux audiences et aux rencontres bilatérales.
La série des audiences a débuté avec Degas Makiura, le directeur de la société Degas (une entreprise basée au Ghana et qui évolue dans le business agricole). La société Degas souhaite s’implanter dans notre pays, où les opportunités réelles peuvent être exploitées dans le cadre d’un partenariat.
Degas Makiura était donc venu parler des possibilités de financement de projets agricoles par sa société pour permettre aux paysans maliens d’accroître leurs capacités de production.
A ce propos, il a fourni une fourchette de financements qui oscille entre 50.000 dollars, soit un peu plus de 25 millions de Fcfa pour les petits projets et 100.000 dollars (environ 50 milliards de Fcfa) pour les projets beaucoup plus porteurs. La société Degas achète la production des agriculteurs pour la revendre à des entreprises ou des usines de transformation.
Le président Ibrahim Boubacar Keïta a aussi reçu le Haut commissaire des Nations unies pour les refugiés, Fillipo Grandi. A l’issue de la rencontre, celui-ci a expliqué avoir parlé avec le président de la République de la situation générale du Mali, notamment les déplacements des populations affectées par la crise et de la nécessité d’apporter de l’aide humanitaire à ces personnes. Mais, il a indiqué qu’il faut vraiment les moyens, c’est pourquoi l’organisation profite de la Ticad pour lancer un appel en vue de lever des fonds pour apporter de l’aide aux refugiés et autres déplacés.

Le Haut commissaire des Nations unies a également estimé qu’il faut le retour de la paix pour que les gens puissent retourner chez eux. Il faut rappeler que depuis le début des turbulences dans notre pays en 2012, des populations continuent de fuir leurs terres natales pour trouver refuge dans des endroits sécurisés à l’intérieur du pays. Ces personnes en détresse ont besoin de plus d’accompagnement et de solidarité, à la fois de l’Etat (qui ne peut pas tout faire seul), mais aussi des partenaires techniques et financiers et autres acteurs humanitaires.
Le chef de l’Etat a également reçu en audience le président de la Fondation Sasakawa, Yohei Sasakawa dont l’organisation intervient depuis plus de 20 ans dans notre pays pour soutenir la production agricole. Yohei Sasakawa a rappelé que le Mali est connu comme un pays d’agriculture par excellence. Il s’est réjoui du regain d’intérêt des jeunes pour l’agriculture. Une tendance que le président de la République a lui aussi salué.
La directrice générale de l’Unicef, Henrietta Fore et celle de l’Unesco, Audrey Azoulay, ont été reçues également par le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta. Avec la première, les échanges ont porté sur la situation des enfants et des femmes dans un contexte de crise, notamment de vulnérabilité de ces couches faibles qui souffrent beaucoup dans les situations de crise.
Le président de la République a aussi reçu en audience, Peter Maurer, le président du Comité international de la Croix-rouge (CICR) avec qui il a abordé les difficultés dans les pays de la Région du Sahel. « Il s’agissait aussi de faire le point de nos opérations et de voir comment les étendre et réaffirmé au président Keïta notre volonté de nous inscrire dans l’accompagnement du pays», a expliqué le patron du CICR. Le dernier rendez-vous diplomatique du chef de l’Etat fut sa rencontre avec le président béninois, Patrice Talon. Il faut souligner que nos deux pays partagent les mêmes espaces sous-régionaux, à savoir la Cedeao et l’Uemoa et sont liés par l’amitié et l’estime que se vouent leurs peuples. Les deux chefs d’Etat ont échangé sur des préoccupations de développement et de sécurité qui touchent nos pays.
Pour le président Patrice talon, le Mali et le Bénin sont deux pays frères. «Entre deux pays frères, on parle de familiarité et de vie en commun qui dépassent la coopération », a expliqué le chef de l’Etat béninois qui a aussi témoigné de sa satisfaction d’avoir eu un entretien avec le président Keïta surtout d’avoir pris des conseils auprès de son aîné. « Nous avons eu un entretien fructueux et avons discuté des problèmes de développement et de sécurité que nous avons en partage », a-t-il indiqué.
Aujourd’hui, le programme de la Ticad VII prévoit une plénière sur la sécurité en Afrique. Certains pays africains, notamment ceux de la Région du Sahel, sont affectés par le terrorisme et les conflits intercommunautaires. Le président Keïta qui participera à ces échanges, délivrera sa réflexion sur les questions de sécurité sur notre continent.

Envoyé spécial
Bréhima DOUMBIA

 

ÉCHANGES UTILES ENTRE PARLEMENTAIRES JAPONAIS ET MINISTRES MALIENS

La Ticad représente une opportunité d’échanges entre les pays africains et le Japon d’une part, mais aussi entre l’Afrique et les partenaires techniques et financiers. L’occasion est bonne pour attirer l’attention des investisseurs potentiels. C’est dans cette optique que le ministre de la Santé et des Affaires sociales, Michel Hamala Sidibé, et son collègue de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Mahamadou Famanta, accompagnés de diplomates maliens, ont rencontré les parlementaires japonais, hier, pour échanger sur les préoccupations de notre pays ainsi que les possibilités de partenariat.
Les deux parties ont échangé au cours d’un déjeuner et dans une atmosphère empreinte de courtoisie et de convivialité.
La Ticad n’est pas seulement un lieu de rencontres. Elle est devenue une force de transformation, a expliqué Michel Hamala Sidibé, ajoutant que le Mali est heureux d’avoir des relations avec le Japon, une coopération qui va nous aider à repenser les questions de sécurité humaine.
Le ministre Sidibé a estimé que le plaidoyer du Parlement japonais pourrait avoir tout son poids, car il est clair que sans l’accompagnement des projets, il sera difficile d’aller vers une stabilité et une paix définitive. Le Japon développe une expertise dans le domaine de la technologie et bien d’autres. A ce sujet, le ministre Michel Hamala Sidibé a émis le vœu de voir le Pays du Soleil levant offrir plus de possibilité de formation dans les domaines de la technologie, de la robotique notamment et des sciences appliquées.
Le Pr Mahamadou Famanta a plaidé pour une coopération poussée dans le domaine du numérique, de la robotique avant de souligner le problème de l’insuffisance du personnel enseignant que connaît notre pays. «Nous avons besoins d’accompagnement au niveau de la formation des ressources humaines de qualité et surtout de plus de formations doctorales ou post doctorales dans les domaines des mathématiques, de la physique, de la chimie, de la biologie voire du développement rural», a précisé le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Les parlementaires japonais ont pris bonne note des préoccupations et autres propositions. Ils ont expliqué les possibilités que le Japon peut fournir à l’Afrique en général et au Mali en particulier. Ils ont promis pour certains de faire venir des entreprises pour prospecter le terrain à l’invitation de la partie malienne et de soutenir les possibilités d’accompagnement de notre pays.

B. D.

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