Ticad VII : Le président Keïta plaide pour la solidarité internationale

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Le chef de l’Etat a rappelé que la lutte contre les forces du mal est un combat commun. Il a joint sa voix à celles des autres participants au grand rendez-vous pour dire que sans la paix et la stabilité, les initiatives de développement seront vouées à l’échec dans les pays africains, particulièrement dans la Région du Sahel en proie au terrorisme et à la violence

La 7è Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad VII) s’est achevée, vendredi dernier, à Yokohama. Mais auparavant, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, avait pris part à la plénière sur le thème : «Renforcement de la paix et de la stabilité ». Le chef de l’Etat a mis beaucoup d’émotion, mais aussi de l’intensité dans ses propos sur les menaces  sécuritaires qui pèsent sur les pays africains, notamment ceux  de la Région du Sahel.
Mais un constat a été largement partagé au cours des discussions. Les dirigeants africains sont unanimes à reconnaître l’urgence d’éviter de léguer un lourd héritage de violence, de conflits armés, voire de tensions intercommunautaires aux générations futures.
Pour cela, tous appellent à agir pour circonscrire les menaces et taire les armes d’ici 2020 partout en Afrique. Cet objectif intègre parfaitement l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA). Il faut donc garder cette utopie pour continuer à avancer dans la quête de paix durable et de stabilité. Il ressort des différentes interventions au cours de la plénière que les menaces tournent autour du terrorisme, des crimes organisés, des replis identitaires, du banditisme, voire de la maladie comme dans le cas de la République démocratique du Congo (RDC), où sévit la maladie à virus Ébola avec une forte létalité.

Le président de la République lors des travaux de la plénière

La lutte contre le terrorisme demeure une priorité pour les pays africains, mais elle requiert une coordination des stratégies et des efforts et une mutualisation des moyens. Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, s’inscrit dans cette vision. «Nous sommes encore attrapés par des questions de violence et de terrorisme pratiqués au quotidien sur nos populations. Le Sahel qui était une zone de civilisation, de paix et d’humanisme dynamique à travers les âges, s’est mué à un synonyme de terreur, de violence sur différents aspects», a expliqué le chef de l’Etat, avant d’évoquer la situation de la Libye qui reste une véritable épine dans le pied de certains pays africains, notamment ceux du Sahel, confrontés à la violence.

MUTUALISER NOS FORCES – Pour le président Keïta, « il est évident que la Libye, ce pays frère et ami, qui est devenu en  son sud un marché à ciel ouvert d’armes les plus sophistiquées, déverse ces instruments de haine, de violence et de guerre dans nos pays, notamment le Niger, le Mali. Pas seulement, puisque depuis quelques années, d’autres pays voisins comme le Burkina Faso subissent aussi la menace terroriste. « Cette violence traverse le Burkina Faso pour atteindre un pays que l’on croyait à l’abri, le Bénin», a souligné Ibrahim Boubacar Keïta. Donc il y a une préoccupation, aujourd’hui, pour l’ensemble de nos États à trouver une solution à cette question de paix, de violence et de terrorisme dans le Sahel, a-t-il estimé.
Pour le chef de l’Etat, les pays confrontés au terrorisme, notamment ceux du Sahel, doivent être  à l’avant-garde du combat contre le phénomène.
A ce propos, il en a appelé à la mobilisation des ressources requises pour rendre plus opérationnel le G5 Sahel.  «Si nous avons compris l’intérêt de mutualiser nos forces que nous avons mises ensemble dans le cadre du G5 Sahel, il n’est pas normal que nous continuons à peiner pour réunir des fonds à rendre opérationnelle notre force conjointe. Cela n’est pas normal. Nous ne sommes pas des mendiants qui tendons la sébile, même si nous parlons de solidarité internationale bien comprise», a plaidé le chef de l’Etat.
Pour le président Keïta, la mobilisation reste effective dans la lutte contre le terrorisme. « Il n’y a pas de développement sans la paix. La Ticad n’aurait pas été pas sans souci de paix», a souligné Ibrahim Boubacar Keïta dont les  analyses et suggestions avaient le mérite de restituer exactement une réalité à laquelle sont malheureusement confrontés nos États dans le Sahel.

PLAIE BEANTE – Les arguments du président Keïta ont été appuyés par son homologue burkinabé Roch Marc Christian Kaboré. «La Libye est une plaie béante. Il est important de trouver une solution politique à la situation dans ce pays», a indiqué le président du G5 Sahel pour qui la lutte contre le terrorisme n’est pas seulement une question du Sahel.
Il faut conjuguer les efforts, parce que le terrorisme, au-delà de cette zone, peut avoir une propagation sur un terreau fertile que représentent la pauvreté et l’ignorance. Après la plénière, le chef de l’Etat a participé à une rencontre de plaidoyer pour la reconstitution des fonds GAVI dans le cadre de la prise en charge de certains programmes de vaccination, notamment pour immuniser les tout-petits contre certaines pathologies aux conséquences redoutables voire irréversibles. Ibrahim Boubacar Keïta a aussi été convié avec certains de ses pairs africains chez l’empereur Naruhito au palais royal de Tokyo pour une réception, dénommée cérémonie de thé, avant d’assister quelques instants après à la remise du prix Hideyo Noguchi (1876-1928) qui symbolise la coopération médicale entre le Japon et l’Afrique.
Cette distinction décernée dans deux catégories est revenue à un chercheur congolais, le bactério-virologue de l’Université de Kinshasa et directeur de l’Institut de recherche en santé dans son pays (RDC), Pr Jean-Jacques Muyemba Tamfum dans la catégorie de recherche médicale.
Le Dr Francis Gerbase Omaswa de l’Ouganda, également directeur du Centre africain de transformation mondiale en santé et société, a été primé dans la catégorie des services médicaux. Les deux lauréats ont été récompensés pour la qualité de leurs travaux mais surtout pour leur contribution à l’amélioration des services sociaux de base.

Envoyé spécial
Bréhima DOUMBIA

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