Tombouctou, Gao et Ménaka : Une délégation gouvernementale à la rencontre des manifestants

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Objectif : expliquer que toutes les parties du pays bénéficient d’une égale considération de la part du gouvernement

Plusieurs ministres étaient face à la presse lundi après-midi à la Primature pour donner des réponses aux préoccupations des jeunes qui manifestent à Tombouctou, à Gao et ailleurs au Mali. Le ministre de la Communication, chargé des Relations avec les instituions, porte-parole du gouvernement avait à ses côtés ses collègues en charge des Infrastructures et de l’Équipement, Traoré Seynabou Diop, de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar, et du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique, Oumar Hamadoun Dicko.
«Le gouvernement a conscience de la souffrance des populations et reconnaît la légitimité de ces actions citoyennes qui sont une façon pacifique de s’exprimer en démocratie. Le gouvernement appelle seulement notre jeunesse à plus de retenue dans l’expression de ses revendications citoyennes dont la forme actuelle est fortement préjudiciable à nos efforts pour trouver des solutions aux problèmes du pays dans la situation de crise que nous vivons», a indiqué le ministre de la Communication, chargé des Relations avec les instituions, porte-parole du gouvernement. Yaya Sangaré a ainsi reconnu la légitimité des revendications en cours et invité les manifestants au calme et à la sérénité, nécessaires pour bâtir le Mali de nos rêves.
Les membres du gouvernement en ont appelé au sens de la responsabilité des protestataires. Ils ont attiré l’attention sur les conséquences incalculables de la situation de blocage de certaines grandes routes du pays, en termes d’insécurité, de manque à gagner pour les économies locales, d’arrêt des services sociaux de base. Les ministres ont tenu à s’inscrire en faux contre des propos prêtés au Premier ministre. Selon certaines allégations, le chef du gouvernement aurait instruit que le matériel de chantier de la route Léré-Niafunké-Tombouctou soient transférés sur le chantier de la route Kati- Didiéni. «Le chef du gouvernement n’a jamais tenu ces propos», a démenti le porte-parole du gouvernement.

REPRISE DES TRAVAUX EN DÉCEMBRE – Concernant la situation à Tombouctou, la ministre des Infrastructures et de l’Équipement a précisé qu’il n’existe aucun lien entre les travaux qui ont commencé sur la route Kati-Didiéni et l’arrêt des travaux sur la route Léré -Niafunké-Tombouctou. Elle a rappelé que c’est suite à une attaque terroriste contre l’entreprise en charge de la réalisation des travaux que le chantier a été arrêté. Aujourd’hui, l’entreprise, le bureau de contrôle et le bailleur de fonds qui est l’UE sont tous prêts pour reprendre les travaux en décembre. Il a été convenu que les FAMa aillent sécuriser les lieux, avant le redémarrage des travaux, a expliqué Traoré Seynabou Diop. C’est ce travail qui est en cours.
En outre, elle a précisé que cette route qui mène à Tombouctou est un marché éclaté en quatre lots. Niono- Goumacoura, la première, est terminée. Goumacoura- Lérè constitue la seconde phase. Léré-Niafunké est le troisième lot. Le dernier lot, Niafunké-Tombouctou, est aussi terminé. Il reste le tronçon Goumacoura-Léré-Niafunké, a détaillé Traoré Seynabou Diop. Donc, c’est ce tronçon du milieu qui va démarrer en décembre.
Aussi, la signature pour le financement de la route Bourem-Kidal a eu lieu avec la Bad et l’UE, selon Seynabou Diop. A propos de la route Sévaré-Gao, longue de 567 km, la ministre des Infrastructures et de l’Équipement a souligné que le coût de réalisation s’élève à 250 milliards de Fcfa. Notre pays n’avait jusque-là pas obtenu de financement pour sa réalisation. C’est récemment que la Badea s’est engagée à financer une partie de ce tronçon, en plus du gouvernement qui a prévu de prendre en charge une autre partie. Ces financements peuvent prendre en charge le premier lot qui va de Sévaré à Douentza. Les travaux pourront démarrer en 2020, en attendant de boucler tout le financement avec les autres partenaires, a annoncé la ministre des Infrastructures et de l’Équipement.

AUCUN MÉPRIS – En perspective, la recherche de financement est en cours pour plusieurs routes dont les études de faisabilité ont été déjà réalisées, a assuré la ministre des Infrastructures et de l’Équipement. Il s’agit de : Nioro-Yélimané-Kayes ; Dialaka-Yélimané ; Kita-Tokoto-Bafoulabé, Ansongo -Ménaka-Andéramboukane ; Didiéni-Sandaré-Kayes-Bougouni, Sévaré-Douentza, Hombori-Gao ; Koro- Douentza-Tombouctou, etc. Elle ajoutera qu’il faut plus de 6000 milliards de Fcfa (le double du budget de l’Etat du Mali) pour désenclaver totalement notre pays.
Quant au ministre du Dialogue social, il a tenu à lever toute équivoque. «Pour le gouvernement, toutes les régions du Mali se valent. Le gouvernement travaille dans un cadre de planification. Il n’a aucune intention de mépriser qui que ce soit», a assuré Oumar Hamadoun Dicko. A preuve, les autorités administratives et coutumières locales ont ouvert leurs portes aux manifestants à Tombouctou dès le début de la crise. Mieux, le ministre de l’Agriculture qui était en tournée dans la région, a démenti à Niafunké et à Tombouctou les propos prêtés au chef du gouvernement. Moulaye Ahmed Boubacar a rencontré aussi les autorités traditionnelles et les leaders d’opinions pour leur exposer la vraie version.
Une délégation gouvernementale a quitté Bamako ce matin pour Tombouctou, Gao et Ménaka. Le ministre de la Communication, chargé des Relations avec les instituions, porte-parole du gouvernement, Yaya Sangaré et ses collègues en charge des Infrastructures et de l’Équipement, Traoré Seynabou Diop, de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar et du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique, Oumar Hamadoun Dicko, vont à la rencontre des manifestants pour échanger avec eux et leur faire comprendre que toutes les localités du pays bénéficient d’une égale considération de la part du gouvernement.

Cheick M. TRAORE

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